Christine Morgan
L'on dit que la Vierge, le signe de terre sous l'influence duquel nous travaillons aujourd'hui, est l'un des plus anciens, et qu'il détient la clé pour comprendre la triple nature humaine. Nous pouvons le voir à travers la note spirituelle du signe - « Je suis la Mère et l'Enfant. Moi Dieu, Je suis matière ».
Les trois aspects, l'esprit, la matière et la conscience sont reliés l'un à l'autre, et identifiés en tant que tout synthétique. Les énergies de la Vierge aident donc à fusionner l'activité intelligente de l'aspect matière en provenance du dernier système solaire avec la conscience Christique qui est développée dans le présent système. Mercure, la planète qui régit la Vierge, soutient ce processus, personnifiant les principes d'intelligence et d'amour-sagesse, et gouvernant le pont entre eux. Il s'agit de ce pont entre le mental concret et le mental abstrait de Dieu, que nous appelons l'antahkarana, et que nous utilisons au moment de la pleine lune, pour retransmettre à la conscience humaine les qualités et potentialités qui sont libérées par la Hiérarchie.
Ce pont du mental est continuellement renforcé par le rituel de notre approche mensuelle du royaume des âmes et au-delà ; il reflète les anciennes croyances sur les connexions célestes de l'humanité. Autrefois, c'était une croyance quasi universelle, que les âmes, après la mort, traçaient leur chemin dans le ciel obscur à travers un grand pont, pour traverser la Voie Lactée ou pour devenir des étoiles. Dans de nombreuses cosmologies traditionnelles, l'axe du monde qui relie les pôles du monde matériel, fournit aussi un conduit pour les âmes qui s'échappent de la vie dans leur forme physique. Notre connexion céleste s'est également exprimée dans le symbolisme de l'arbre. Nous lisons dans les textes Védiques, « Celui qui continuerait à grimper le long d'un arbre...continuerait à monter vers ces mondes », tandis que la Maya de Yucatan décrit les âmes des morts qui montent le long d'un arbre au moyen d'une échelle faite de vignes. Ailleurs, l'on dit que le prophète Mohammed est passé par un arbre céleste durant son ascension à travers les ciels. Dans le Judaïsme, nous trouvons une colonne droite reliant le Paradis supérieur et le Paradis inférieur : « les justes y grimpent et se nourrissent d'un coup d'oeil sur la Divine majesté jusqu'à la fin de la fête du Sabbath ; ils redescendent alors et retournent dans le paradis inférieur ». (L'Esprit de la Mythologie)
La Vierge, la Vierge Mère, se rencontre dans la plupart des religions du monde et éclaire la nature de la forme dont elle est le symbole. Nous apprenons que le mot lui-même « Vierge » vient d'une ancienne racine Atlante qui se réfère au principe de la mère, et nous nous souvenons aussi du Travail d'Hercule dans ce signe, dans lequel Hercule a vaincu l'ancienne reine amazonienne, et lui a arraché ce qu'il cherchait. C'est bien sûr, une allégorie qui parle de la libération de l'homme spirituel du contrôle de la matière, et du grand combat pour accomplir cette libération. Ce combat est véritablement le sentier de tous les aspirants, mais la Vierge souligne particulièrement que la coopération est la voie de la transfiguration – et qu'il existe une façon de faire avec les aspects matériels de la vie, qui satisfait la nature de désir et amène l'harmonie entre l'homme spirituel et le corps. Ce que la nature est pour Dieu, le corps humain l'est pour le genre humain, et nous devons apprendre à traiter à la fois nos véhicules physiques et notre environnement avec respect.
Le Tibétain parle de la « terre-mère » comme étant la véritable Vierge Marie ; elle donne naissance à « l'esprit tel qu'il est en Christ » à travers le voyage terrestre que nous, en tant qu'âmes humaines, nous faisons. C'est le sentier du développement de la conscience, grâce aux expériences que fournit la terre. Il est reflété dans tous ces voyages que, depuis des temps immémoriaux, les peuples de la terre ont effectué, à la recherche de quelque chose qui est finalement trouvé à l'intérieur.
Dans l'histoire de l'Evangile, nous trouvons Marie voyageant avec l'enfant Jésus jusqu'en Egypte, et Alice Bailey a utilisé ce symbolisme dans son livre, De Bethléem au Calvaire, où elle parle de Marie comme d'un symbole de la personnalité purifiée, montrée quelque part en voyage, lorsqu'elle donna naissance au Christ, symbole de la conscience de l'âme. Elle continue en disant « que le voyage, précédant la naissance, fait également partie de l'histoire de vie d'autres enseignants envoyés par Dieu. » Par exemple, parmi les trente deux signes qui devaient être remplis par Maya, la mère du Messie attendu (Bouddha), le cinquième signe était « qu'elle devait être en voyage au moment de la naissance de son enfant. » Donc, la vierge Maya, au dixième mois après sa conception céleste, était en voyage pour aller chez son père, lorsque la naissance du Messie eut lieu sous un arbre. Un conte dit qu'elle était descendue dans une auberge lorsque le Bouddha est né. En outre, « la mère de Lao-tse, le sage chinois né d'une Vierge, était loin de chez elle lorsque son enfant est né. Elle s'arrêta pour se reposer sous un arbre, et là, comme la vierge Maya, donna naissance à son fils. »
Dans tous les cas, nous voyons la nécessité pour la personnalité, symbolisée par la Mère ou la Vierge, d'être dans un voyage de purification avant de donner la vie, car seul un calice préparé et purifié peut recevoir un nouveau type de conscience. Ainsi nous avons l'histoire ou le voyage d'une incarnation divine. La Mère, enceinte de l'Esprit Saint, donne naissance au second Aspect de la Trinité, dans la personne du Christ -cosmique, mythique et individuel. Toujours, nous apprenons, et « le schéma est le même – le voyage, la nouvelle naissance, l'expérience de la vie, le service à rendre, la mort à endurer, et puis la résurrection pour un service plus vaste. »
Prenons quelques instants pour réfléchir à la manière dont ce voyage spirituel commence à se manifester, actuellement, dans l'humanité, et prononçons ensuite ensemble l'Affirmation du Disciple
Je suis une étincelle dans une grande lumière.
Je suis un filet d'énergie aimante dans le fleuve de l'amour divin.
Je suis, centrée dans l'ardente volonté de Dieu,
Une étincelle de la flamme du sacrifice.
Et ainsi je demeure.
Je suis une voie de réalisation pour les hommes.
Je suis une source de force qui les soutient.
Je suis un rayon de lumière éclairant leur chemin.
Et ainsi je demeure.
Et, demeurant ainsi, je reviens
Et foule le sentier des hommes
Et je connais les voies de Dieu.
Et ainsi je demeure.
OM
La note clé de la Vierge, pour ceux qui ne foulent pas encore le sentier du discipulat est « Et le Verbe dit, que la Matière règne. » Il est clair, cependant, que la race humaine, en tant qu'unité, s'approche du sentier de Lumière, le sentier de libération du règne de la matière. Cette approche est symbolisée, nous le voyons, dans les recherches intenses qui se font sur les fonctionnements de la matière, et le voyage qui est entrepris jusqu'au coeur de la nature physique. Mercredi dernier, s'est déroulée la plus grande expérience physique au monde, près de Genève, dans le Grand Collisionneur de Hadrons (LHC : Large Hadron Collider). Il a effectué en 90 microsecondes, l'accélération d'un faisceau de particules sub-atomiques – connues en tant que protons – sur un cercle de 27 kilomètres sous terre afin de réaliser 600 millions de collisions subatomiques par seconde. La terrifiante chaleur générée par les collisions est une tentative de reproduction des conditions qui, pense-t-on, étaient présentes immédiatement après ce que l'on appelle le Big Bang. La physique conventionnelle croit que ce Big Bang a amené l'univers à l'existence, et cherche à résoudre les ruptures qui existent dans cette théorie.
Bien qu'un modèle électrique de l'univers, tel qu'il a été avancé par la physique des plasmas, soit plus en accord avec la Sagesse sans Âge que le modèle standard du Big Bang, les réalisations techniques qui entrent dans la construction de cet étonnant accélérateur de particules, sont néanmoins un triomphe pour l'habileté et l'ingéniosité humaines. Il y a de l'ironie dans le fait que quelque chose de si grand et de si complexe doive être construit pour observer quelque chose de si petit et si simple, mais ceci donne un exemple du mental concret de l'humanité, toujours sûr de pouvoir découvrir les secrets de la vie dans la division de la matière. Est-ce que la matière révélera davantage ses secrets grâce au martèlement qu'elle reçoit par le Collisionneur de hadrons ? Nous devons attendre pour le savoir. Mais, même s'il est probable que l'interprétation des résultats nourrisse le modèle mathématique existant de l'univers, cela ne reconnaîtra pas l'existence de l'éther ni le nombre croissant de particules subatomiques qui sont découvertes, et cela obscurcira davantage la réflexion scientifique.
Les enseignements ésotériques sur la nature de l'univers affirment que les concentrations d'énergie, en provenance d'un éther qui pénètre tout, apparaissent et disparaissent constamment, et la reconnaissance scientifique de cet éther transformerait complètement le modèle scientifique standard de l'univers. Alors que l'humanité voyage dans la première décade d'un nouveau siècle, cherchant de nouvelles directions et un nouveau sens à la vie, de nombreuses théories et hypothèses caressées devront être reconnues comme étant inadéquates et obsolètes, et devront être écartées. De nouvelles idées, plus proches des vérités de la Sagesse sans Âge, apparaissent déjà dans de nombreux domaines – l'archéologie, la biologie, la cosmologie, la physique, etc... - et les principaux penseurs sont d'accord pour raconter de nouvelles et différentes histoires sur le parcours évolutionnaire de l'humanité, et sur sa place dans le cosmos. Par exemple, la théorie Darwinienne de l'évolution, qui pose l'ascension de l'humanité à partir des anthropoïdes, est la conviction de base des scientifiques actuels. Cependant, Michael Cremo et Richard Thompson, les auteurs du livre : L'histoire cachée de la race humaine, ont découvert que, au cours des années, de nombreuses conclusions archéologiques qui se trouvaient en contradiction avec cette théorie, n'avaient pas été publiées. Ces conclusions attestent la présence de l'humanité sur cette planète, depuis bien plus longtemps que ce qui a été affirmé. Les os d'êtres humains géants, du même âge que les os des dinosaures ont été trouvés : ce n'est pas dans la ligne de la théorie Darwinienne, mais cela correspond avec la Sagesse sans Âge qui parle des précédentes civilisations humaines, Atlante et Lémurienne.
Le problème avec la théorie de l'Origine des Espèces selon Darwin, et avec la théorie de la sélection naturelle, est que, tout en étant sans doute une partie de l'histoire de l'évolution, elle est trop lourdement influencée par l'énergie de l'aspect Mère qui gouvernait le premier système solaire, sans embrasser la conscience Christique qui s'éveille dans ce système. Aussi, la théorie de Darwin considère l'ego humain comme un effet de l'évolution de la forme, écartant la vérité ésotérique que l'intelligence spirituelle précède et impulse l'évolution. Les royaumes inférieurs de la nature se sont donc condensés jusque dans une objectivité extérieure, depuis le plan causal intérieur. L'homme a fait de même. Et pendant la longue période de l'involution et de l'évolution, l'Homme s'est tenu et continue à se tenir, comme le principe médian entre les règnes inférieurs et supérieurs.
Tandis que les archéologues font des fouilles à la surface de la planète, et que les physiciens creusent les secrets de la structure atomique, depuis les niveaux supérieurs, la terre est en même temps scrutée par des milliers d 'yeux dans le ciel. La technologie des satellites ne nous permet pas seulement d'indiquer exactement la localisation de toutes choses à la surface de la terre avec une incroyable précision, mais aussi de sonder les roches sous nos pieds, et de suivre les courants océaniques qui influencent notre climat. Les satellites infra-rouges ont également révélé une nouvelle façon de regarder la terre. Un paysage aride pour la vision ordinaire, peut devenir une riche tapisserie de dépôts minéraux et des oasis souterraines pour la vision infrarouge, qui voit à travers la forme physique, ce qui se trouve au-dessous. Grâce à ces développements, le terrain peut être cultivé depuis l'espace, en utilisant l'énergie du soleil pour propulser le satellite, en examinant la fertilité du sol et la santé des récoltes : ainsi la production du terrain peut être optimisée. Les satellites détectent la présence de l'eau sous le désert du sahara, et maintenant de nombreux puits fournissent l'irrigation pour les récoltes cultivées dans la région. Dans une large mesure, beaucoup de guerre, comme celle du Darfour, par exemple, sont de façon significative, à propos de l'eau et l'UN, en utilisant cette technologie, peut aider à dissoudre de telles tensions. Les satellites ont découvert, sous le Darfour, une oasis de la moitié de la taille du pays de Galles. Actuellement, un millier de puits sont en construction, et ces puits supprimeront une raison de conflit.
Les satellites sont également importants pour la science des prévisions météorologiques, observant la naissance et le développement de chaque forme météorologique autour du globe, suivant sa croissance, son mouvement et sa mort, sauvant ainsi des milliers de vie chaque année. Nous avons juste eu ce mois-ci un puissant exemple avec l'ouragan Gustave et l'avertissement donné à l'avance aux habitants de la Nouvelle Orléans et aux autres sur son passage, et depuis, nous avons eu davantage d'exemples, particulièrement Haiti. Les satellites sont des symboles particulièrement fascinants pour les ésotéristes qui apprennent la science de l'observation et du détachement. Maintenant, la terre s'observe elle-même et utilise l'information pour adapter sa conduite de façon constructive. Les satellites décrivent une orbite aérienne silencieuse, détachés et lointains, et pourtant engagés de façon complexe dans le management de la planète. Ils amènent à l'esprit la phrase : « dans le monde et pas du monde » - le but vers lequel s'efforce d'aller le pèlerin spirituel.
Une grande quantité de savoir caché sur l'histoire de notre terre est révélé, et tout ce savoir tourne autour de la nature de la forme. Mais l'on doit s'attendre à cette focalisation en considérant les stades de la méditation et le processus qui va de l'intellect à l'intuition. Comme l'enseignent les sutras de Patanjali, l'étude de la forme extérieure des choses précède toujours la recherche intérieure. La dimension extérieure de la forme doit être étudiée avant de disparaître, et quatre stades de méditation sont nécessaires avant de pouvoir tourner l'attention vers celui qui utilise la forme, l'âme. Maintenant, l'humanité s'observe elle-même et observe la terre, en tant qu'objets, avec le maximum de détails possible. Mais l'humanité commence également à se mouvoir dans le monde de la qualité, le stade suivant de la méditation ; elle débat de ses responsabilités et de l'utilisation d'une technologie qui puisse utiliser correctement la matière. Au fur et à mesure que ce mouvement vers la qualité se renforce, nous commençons à voir sur quel seuil excitant se tient l'Humanité.
Le voyage régulier pour dévoiler la forme, commencé si ardemment par la science, deviendra de plus en plus une étude de son énergie ou qualité, et sûrement, cela a déjà commencé. Cela conduira, au moment opportun, à la considération de l'idée qui sous-tend toute forme de manifestation, et à la considération de l'énergie déployée. Ce processus deviendra finalement une méditation sur la forme de l'âme elle-même. Il est demandé au disciple de choisir avec soin les objets et les semences sur lesquels il médite et avec lesquels il construit lui-même une échelle pour éventuellement, arriver à la méditation sans objet. Lorsque son mental devient le messager de Dieu, adoptant l'attitude méditative de l'âme, le cerveau commence aussi à être de plus en plus soumis au mental, comme le mental est soumis à l'âme. Le Père Joseph Maréchal touche ce point et souligne quelque chose qui semble particulièrement pertinent pour réaliser la note-clé spirituelle de la Vierge :
« ...Le symbole s'évanouit, l'image se fane, l'espace disparaît, la multiplicité est réduite, le raisonnement est silencieux, la sensation d'extension se replie sur elle-même et puis se décompose ; l'activité intellectuelle est entièrement et intensément concentrée ; elle saisit sans intermédiaire, avec la souveraine certitude de l'intuition, de l'Être, de Dieu...le mental humain est alors une faculté en quête de son intuition, c'est-à-dire de l'assimilation de l'Être, l'Être pur et simple, souverainement un, sans restriction, sans distinction entre essence et existence, entre possible et réel. »
Lorsque nous commençons à voir toutes les formes comme des symboles de la réalité, nous sommes bien sur la voie pour toucher le Soi dévoilé. Mais pour cela, il faut une compréhension mentale et la guidance de l'intuition. Comme le dit Sir James Jeans, « Les phénomènes se présentent à nous déguisés dans leur cadre spatial et temporel ; ce sont des messages codés, et nous ne comprendrons pas leur réelle signification jusqu'à ce que nous découvrions comment les sortir de leur emballage de temps et d'espace. » (De l'Intellect à l'Intuition).
Lorsque nous commencerons à répondre à l'influence de notre second rayon, l'Amour-Sagesse dans notre système solaire, qui est fortement présent en Vierge, cela apportera un changement radical à tous les événements et à toutes les relations. La claire et constante lumière ou l'oeil de la divine raison, révélera tout ce qui a besoin d'être transformé et aligné. Les conduites instinctives seront attirées depuis les profondeurs jusqu'à la surface de la compréhension, permettant à la crise en cours et au nettoyage dont nous sommes témoins chaque jour dans le monde, de prendre place. Graduellement, la lumière plus élevée percera, au fur et à mesure que chacun d'entre nous, se tenant temporairement à la surface de la terre, prendra la responsabilité de son rayonnement. Au fur et à mesure que, progressivement, nous transformerons la substance inconsciente et non rachetée, grâce à la méditation, les petites vies qui composent nos formes seront élevées. La terre prendra une vibration de plus en plus fine, laissant les royaumes intérieurs briller à travers la matière, et la vie du Christ commencer son règne sur le plan physique. Entrons maintenant dans la méditation, et ajoutons au processus planétaire, l'énergie éclairée de notre pensée de groupe.
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