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Le Maître Spirituel

L’introduction, à la fin du dix neuvième siècle de l’enseignement sur la Hiérarchie spirituelle, les Maîtres de la Sagesse, fut une révélation pour les chercheurs spirituels. Beaucoup d’aspirants se sont lancés dans une quête des Maîtres, certains voyageant dans des régions éloignées du monde, dans l’espoir de découvrir ces grands initiés qui seraient capables de leur servir de guide, au niveau de leur développement spirituel.

Un tel désir est compréhensible, mais il manque son but : à savoir que le premier maître véritable, c’est sa propre âme, la lumière intérieure, guide infaillible si l’on est disposé à cultiver les techniques pour écouter sa voix. La sonorité première de cette autorité intérieure, c’est la conscience, « cette petite voix douce » au-dedans, qui nous met toujours en garde lorsque nous dévions de l’intention de notre soi supérieur – de ce que Lincoln appelait « les anges gardiens de notre nature. »

La présence du maître à l’intérieur, de l’âme, demeure cachée dans les profondeurs de la grotte du coeur. Les tout premiers frémissements en sont perçus en tant que discipline physique qui culmine lors de la première initiation. Par voie de conséquence, l’attention du maître intérieur se tourne vers la nature émotionnelle, vers le processus qui consiste à prendre le contrôle du corps astral versatile, et bien des vies se passent avant de parvenir à la maîtrise, à la seconde initiation. Puis l’âme se focalise sur le contrôle du mental, raffinant les modes de pensée jusqu’à ce que le mental devienne un instrument et non un obstacle pour les plans de l’âme. Plus tard encore au cours du périple évolutionnaire, les ressources de la personnalité finissent par être remises entièrement entre les mains de l’âme, dans un geste d’abandon et de consécration qui libère l’autorité pleine et entière du maître spirituel.

Si ceci donne une image de l’âme en tant que puissante ressource d’énergie dynamique, c’est correct, car le maître spirituel doit exercer un grand pouvoir, afin de prendre le contrôle de la personnalité, de la forme extérieure qui a été dominante durant tant d’incarnations. Ce n’est pas sans mal que la personnalité renonce à son pouvoir de contrôle, mais l’âme est beaucoup plus forte. Qu’est-ce qui met le feu à l’étincelle des forces de l’âme, les feux intérieurs emmagasinés pendant si longtemps, mais jamais éteints ? Le bouddhisme parle des retombées de l’enseignement du Bouddha, qui font que le Dharma – la reconnaissance de la vérité spirituelle à l’intérieur – « s’élève » chez ses auditeurs, suggérant que l’autorité spirituelle à l’intérieur était toujours présente mais en sommeil, non éveillée, jusqu’à ce qu’elle se trouve face à la réalité authentique et intègre de la propre réalisation chèrement acquise du Bouddha.

C’est peut-être la raison pour laquelle on encourage le chercheur spirituel à faire bon accueil aux crises, non à les fuir – non parce que les luttes et les souffrances ont d’une manière ou d’une autre davantage de valeur spirituellement que la joie, mais parce que les crises font que l’aspirant ira puiser plus profondément dans ses ressources intérieures que dans les schémas habituels de la personnalité. Le maître spirituel, à l’origine l’âme, et plus tard le membre de la Hiérarchie spirituelle, sous la direction duquel le disciple sert, ne réclame pas une obéissance aveugle, mais une pratique persistante. Tous les bons athlètes connaissent la nécessité d’un sérieux entraînement pour atteindre leur but. Ils comprennent, comme un grand instructeur l’a dit un jour, que « c’est en accomplissant que l’on devient accompli. C’est en maitrisant que l’on parvient à la maîtrise. C’est en éliminant consciemment que s’effectue cette élimination du désir. Mettez-vous donc au travail »…

Les Triangles sont une façon merveilleuse d’éveiller les personnes intelligentes de bonne volonté à leur maître intérieur spirituel. En faisant irradier le réseau planétaire de lumière et de bonne volonté, l’âme de l’humanité resserre constamment son emprise sur la conscience humaine, allumant l’étincelle du divin qui demeure au sein de tous les coeurs humains, pour l’attiser en une véritable source de maîtrise.