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Préparation à la Réapparition du Christ

Préparation à la Réapparition du Christ

Lorsque les hommes sentent qu'ils ont épuisé toutes leurs ressources et sont au bout de leurs possibilités, que la solution des problèmes qui se posent à eux dépasse leur compétence, ils sont prêts à se tourner vers un intermédiaire divin, un médiateur qui intercédera pour eux auprès de Dieu et leur apportera une aide. Ils invoquent un Sauveur. A travers toutes les religions et toutes les Écritures saintes du monde on peut suivre le fil d'or de cette doctrine des Médiateurs, des Messies, des Christs et des Avatars ; ceux-ci se trouvent en grand nombre et partout, reliant ainsi toutes les Écritures à une Source centrale. L'âme humaine elle-même est considérée comme intermédiaire entre l'homme et Dieu ; des millions d'êtres croient que le Christ agit comme médiateur divin entre l'humanité et la divinité. 

Un Avatar ou un Christ apparaît pour deux raisons : l'une est la Cause insondable et inconnue qui l'y incite ; l'autre est la demande ou l'invocation de l'humanité elle-même. La venue d'un Avatar est, par conséquent, un événement spirituel qui s'accomplit en vue d'opérer des changements ou des renouvellements d'importance capitale, pour inaugurer une civilisation nouvelle, et de conduire l'homme plus près du divin. On les a définis comme "des hommes extraordinaires, apparaissant de temps en temps, afin de changer la face du monde et d'initier une ère nouvelle dans les destinées de l'humanité". Ils viennent dans des périodes de crises ; fréquemment, ils suscitent eux-mêmes des crises pour mettre fin à ce qui est caduc et indésirable, et préparer la voie à des formes nouvelles et mieux adaptées à la vie en continuelle évolution du Dieu Immanent dans la nature. Ils viennent lorsque le mal domine. Pour cette seule raison déjà, il est permis d'attendre un Avatar à l'époque actuelle. Les conditions nécessaires au retour du Christ existent.

Nous nous trouvons placés devant un défi et il nous faut choisir : ou bien nous acceptons et assumons la responsabilité qui s'ensuit, ou bien nous en rejetons l'idée, persuadés qu'elle ne nous concerne pas. La décision que nous prendrons alors à cette heure décisive influencera définitivement le reste de notre vie, car ou bien nous collaborerons dans la mesure de nos possibilités avec ceux qui invoquent le Christ et préparent Son retour, ou bien nous nous joindrons à ceux qui considèrent tout cela comme un appel aux naïfs et aux crédules et cherchent peut-être à empêcher les hommes d'êtres bernés et entraînés dans ce qu'ils jugent être une tromperie. Tel est le choix qui s'offre à nous. Notre décision dépendra de notre sens des valeurs et de nos capacités de recherche intuitive. Peut-être comprendrons-nous alors que ce retour qui nous est promis est en accord avec les convictions religieuses générales et constitue la plus grande espérance laissée aux hommes d'apporter un vrai soulagement à l'humanité souffrante. 

Ceux qui acceptent la possibilité de ce retour et admettent que l'histoire peut se répéter peuvent se poser les trois questions suivantes :  

  1. Comment puis-je agir conformément à ma décision ? 
  2. Que puis-je faire de précis ? 
  3. Quelles sont les mesures que je dois prendre et où sont ceux qui les prendront avec moi ? 

Les pages qui suivent sont écrites essentiellement pour ceux qui acceptent la réalité du Christ, reconnaissent la continuité de la révélation, et sont enclins à admettre la possibilité de Son retour. 

Grandes sont les difficultés et les complexités de cette période d'après-guerre. Plus un homme est proche de la source de la lumière et de la puissance spirituelles, plus son problème est difficile, car le monde semble à présent bien loin d'ignorer cette divine possibilité. Il aura besoin de toute sa patience, de toute sa compréhension et de toute sa bonne volonté. En même temps sa vision des faits sera de plus en plus claire. Il y a des problèmes intérieurs et extérieurs qui doivent être résolus, des possibilités intérieures et extérieures qui doivent être actualisées. L'homme spirituel – orienté vers l'Esprit – doit affronter tout cela et il éprouve facilement un sentiment de complète impuissance. Il a un grand désir d'aider, mais ne sait que faire. Conscient de la gravité des difficultés, ayant mesuré ses capacités et celles de ses compagnons de travail, et s'étant clairement rendu compte des forces massées contre lui (et, sur une bien plus vaste échelle, contre le Christ), il est alors enclin à se demander : "Mes efforts seront-ils de la moindre utilité ? Pourquoi ne pas laisser les forces du bien et du mal mener seules la lutte ? Pourquoi ne pas s'abandonner au flux de l'évolution qui, à la longue, fera finalement cesser les conflits dans le monde et inaugurera le triomphe du bien ? Pourquoi tenter quoi que ce soit maintenant ?" Ces réactions sont naturelles et légitimes. Le problème paraît trop vaste, trop effrayant, et l'individu trop petit et impuissant.

Toutefois, il y a dans le monde un nombre considérable d'hommes vraiment bons et droits, humanitaires et doués d'une vision claire. C'est dans les mains des masses humbles et généreuses d'hommes et de femmes de tous pays qui voient juste que réside le salut du monde, et c'est par eux que le travail préparatoire pour le retour du Christ sera accompli. Leur nombre est à la mesure de cette tâche. Il suffit de leur redonner de l'assurance et de coordonner intelligemment leurs efforts pour les préparer au service nécessaire
avant que le retour du Christ devienne possible. Il faut aborder les problèmes qui nous assaillent avec courage, sincérité, compréhension et avec la volonté de parler en termes réalistes, avec amour et simplicité lorsqu'on cherche à exposer la vérité et à clarifier les problèmes qui doivent être résolus. Les forces d'opposition du mal doivent être mises en déroute avant que Celui que tous les hommes attendent, le Christ, puisse venir. 

Le fait de savoir qu'Il est prêt à revenir et désireux d'apparaître publiquement devant l'humanité qu'Il aime ne fait qu'accroître le sentiment général de découragement et soulève une autre question vitale : pendant combien de temps faudra-t-il souffrir, lutter et combattre ? La réponse est claire : le Christ viendra infailliblement lorsque la paix aura été rétablie dans une certaine mesure, lorsque le principe de la répartition des biens de consommation sera au moins en voie de conditionner les affaires économiques, et lorsque les églises et les groupes politiques auront commencé à mettre de l'ordre dans leurs maisons. Alors Il pourra venir et viendra. Alors le Royaume de Dieu sera publiquement reconnu, et ne sera plus considéré seulement un objet de rêve, de désir, et d'espoir pour les croyants.

Les hommes se demandent pourquoi le Christ ne vient pas (avec la pompe et le cérémonial décrits par les églises) démontrer Son pouvoir divin, prouver de façon convaincante l'autorité et la puissance de Dieu, et mettre ainsi fin à notre cycle d'angoisse et de détresse. Les réponses à cette question sont nombreuses. Il faut se rappeler que le but principal du Christ ne sera pas de démontrer Son pouvoir, mais de rendre public le Royaume de Dieu qui existe déjà. Lorsqu'Il vint parmi nous, on ne Le reconnut pas. Y a-t-il une garantie qu il en serait autrement aujourd'hui ? L'on peut se demander pourquoi il ne serait pas reconnu. Parce que les yeux des hommes sont aveuglés par les larmes de la pitié d'eux-mêmes et non par celles de la contrition ; parce que leur cœur est rongé par l'égoïsme que les angoisses de la guerre n'ont pas guéri ; parce que les valeurs sont restées les mêmes que sous l'Empire romain corrompu qui vit Sa première apparition, à la seule différence qu'à cette époque elles étaient localisées et non universelles comme aujourd'hui ; enfin parce que ceux qui pourraient Le reconnaître, qui espèrent et désirent Son retour, ne sont pas disposés à faire les sacrifices nécessaires pour assurer le succès de Son avènement. 

Le progrès de la pensée, le succès de nombreux mouvements ésotériques et. par-dessus tout les merveilles de la science et des nombreux mouvements humanitaires n'indiquent certainement pas une défaite du divin, mais, bien plus, une croissance de la compréhension spirituelle. Les forces de l'Esprit ne sont pas vaincues. Ces aspects du comportement humain font ressortir les merveilles de la divinité intérieure de l'homme et le succès du Plan divin pour l'humanité. Toutefois, la divinité attend l'expression du libre arbitre de l'homme. Son intelligence et sa bonne volonté croissante s'expriment déjà.

Quelle que soit l'ampleur des nécessités ou l'importance des mobiles, jamais le Christ et la Hiérarchie spirituelle n'enfreignent le droit divin qu'ont les hommes de prendre leurs propres décisions, d'exercer leur libre arbitre et de parvenir à la liberté en combattant pour elle, individuellement, nationalement ou internationalement. 

Quand la véritable liberté s'épanouira sur la terre, nous verrons la fin des tyrannies politiques, religieuses et économiques. Je ne veux pas dire qu'elles seront remplacées par la démocratie moderne, car celle-ci n'est, jusqu'à présent, qu'un idéal irréalisé. Je pense à cette période qui viendra certainement et où le pouvoir sera confié à un peuple éclairé, qui ne tolérera l'autoritarisme d'aucune église ni le totalitarisme d'aucun système politique. Il n'acceptera ni ne permettra qu'aucun groupe d'hommes entreprenne de lui dire ce qu'il doit croire pour être sauvé, ni quel gouvernement il doit accepter. Quand la vérité sera enseignée aux peuples et qu'ils pourront juger librement et décider par eux-mêmes. alors nous verrons un monde meilleur. 

Il n'est pas nécessaire ni essentiel que tous ces buts désirables soient atteints avant que le Christ revienne parmi nous. Il est toutefois nécessaire que cette attitude envers la religion et la politique soit généralement considérée comme désirable, et que certaines étapes aient été franchies dans l'établissement de justes relations humaines. C'est dans ce sens que travaillent le Nouveau Groupe des Serviteurs du Monde et tous les hommes de bonne volonté. Leur premier effort doit être d'éliminer le sentiment de découragement si répandu et l'impression que les efforts individuels sont vains.

Ce qui dissipera ce sentiment de découragement et d'inutilité tout en donnant l'impulsion nécessaire à la reconstruction du monde nouveau sera la foi en la divinité essentielle de l'humanité, et en la preuve fournie par l'évolution (rapidement démontrée par une étude sommaire) que l'humanité a constamment progressé en sagesse et en connaissance. Ce sera une vaste inclusivité et une confiance croissante basée sur la foi dans les témoignages historiques quant aux nombreuses interventions survenues en des périodes décisives, et aux nombreux Sauveurs du Monde dont le Christ fut le plus grand. Une attitude juste et constructive doit aussi être basée sur une certitude intérieure de l'existence du Christ et de sa Présence parmi nous à tout instant. Il faut savoir que la guerre (1914-45) - avec ses horreurs indescriptibles, ses cruautés. ses désastres et ses bouleversements - ne fut que l'instrument de notre Père à tous, balayant tout ce qui obstruait la voie du retour de son Fils. Il eût été à peu près impossible
de préparer ce retour dans les conditions d'avant-guerre. Aujourd'hui. il faut que les Serviteurs du Monde se basent sur ces faits. Il faut qu'ils reconnaissent les obstacles (dont beaucoup sont d'ordre financier et fondés sur des convoitises matérielles, ou d'anciennes traditions et préjugés nationaux), mais aussi qu'ils refusent de se laisser décourager par eux. Puis, ils doivent démontrer une habilité dans l'action et un sens pratique tels que ces obstacles soient surmontés. Il leur faut avancer avec une vision claire parmi les difficultés du monde et triompher de toutes les raisons de découragement. 

Dans les conditions actuelles, deux obstacles ont une importance telle que s'ils ne sont pas écartés, beaucoup de temps passera avant que le Christ puisse revenir. Ce sont : 

  1. L'inertie des chrétiens moyens et des hommes spirituels de tous les pays d'Orient et d'Occident. 
  2. Le manque d'argent pour le travail de préparation. 

Examinons ces thèmes avec simplicité en les maintenant au niveau où la majorité des individus pensent et travaillent aujourd'hui. Soyons éminemment pratiques ; efforçons-nous de voir "les Conditions telles qu'elles sont". Cela permettra d'arriver à une meilleure connaissance de nous-mêmes et de nos mobiles. 

1. L’inertie de l’homme spirituel moyen

L'homme spirituel ordinaire (homme de bonne volonté ou disciple) est constamment conscient de l'occasion que les temps et les événements spirituels peuvent lui offrir. Le désir de bien faire et de poursuivre des buts spirituels aiguillonne sans cesse sa conscience. Qui aime ses frères, qui rêve de voir le Royaume de Dieu se matérialiser sur terre, ou qui est conscient de l'éveil des masses (aussi lent soit-il) aux valeurs spirituelles supérieures, ne peut être que profondément insatisfait. Il se rend compte qu'il contribue en vérité bien peu à la réalisation des buts qui lui sont chers.

Il sait que sa vie spirituelle est quelque chose de secondaire. Il la garde soigneusement cachée et craint souvent d'en parler aux êtres qui lui sont le plus proches et le plus chers. Il essaye de concilier ses efforts spirituels avec les activités de sa vie quotidienne, et s'efforce de trouver pour eux un peu de temps et quelques occasions agréables, futiles et innocentes. Il se sent impuissant devant la tâche d'organiser et de remanier sa vie de telle sorte qu'il puisse vivre spirituellement en toutes circonstances. Il cherche des excuses et se raisonne lui-même avec tant de succès qu'il finit par en conclure qu'il agit de son mieux, étant donné les circonstances actuelles. La vérité est qu'il fait si peu que probablement une heure ou deux seulement, sur vingt-quatre, sont consacrées au travail du Maître. Il se dérobe sous prétexte que ses obligations familiales l'empêchent de faire davantage et ne s'aperçoit pas que, avec le tact et avec une affectueuse compréhension, son milieu familial doit et peut être le champ de sa victoire. Il oublie qu'il n'existe pas de circonstances ou l'esprit de l'homme puisse être vaincu, et où l'aspirant ne puisse méditer, penser, parler et préparer les voies pour la venue du Christ, pourvu qu'il le veuille suffisamment et connaisse la signification du sacrifice et du silence. Les circonstances et l'environnement n'offrent aucun véritable obstacle à la vie spirituelle.

Peut-être se retranche-t-il derrière l'excuse d'une mauvaise santé, derrière celle de maux souvent imaginaires. Il consacre tant de temps au soin de sa personne que les heures qui pourraient être consacrées à l'œuvre du Maître sont directement et considérablement abrégées. Il pense tellement à se sentir fatigué, ou à soigner un rhume, ou à une soi-disant maladie du cœur, que la "conscience corporelle" se développe sans cesse jusqu'à dominer finalement sa vie. Il est alors trop tard pour faire quelque chose. Tel est particulièrement le cas des personnes qui ont atteint ou dépassé la cinquantaine. C'est une excuse difficile à abandonner, car beaucoup se sentent fatigués ou malades et, avec les années, cet état peut aller s'empirant. 

Le seul remède à cette inertie insinuante consiste à oublier son corps et à trouver sa joie dans une vie de service. Je ne parle pas ici de maladies caractérisées, ni d'infirmités physiques sérieuses, auxquelles il faut accorder les soins et les attentions appropriés. Je parle aux milliers d'hommes et de femmes souffrants, préoccupés d'eux-mêmes et gaspillant ainsi le temps qui pourrait être consacré au service de l'humanité. Ceux qui cherchent à suivre le Sentier du Disciple devraient consacrer au service de la Hiérarchie ces nombreuses heures employées à d'illusoires soins personnels. 

Une autre excuse encore qui conduit à l'inertie est la peur de parler à autrui des choses du Royaume de Dieu. On a peur d'être un objet de moqueries, de passer pour bizarre ou indiscret. On garde donc le silence, on rate des occasions et l'on ne découvre jamais combien les gens sont prêts à discuter de réalités, à recevoir l'espérance et le réconfort que peut apporter la pensée du retour du Christ, ou à bénéficier de la lumière spirituelle. Ce manque de courage est si répandu qu'il est la cause de la perte de millions d'heures de service pour le monde.

Il est encore d'autres excuses, mais les précédentes sont les plus répandues. Si la majorité des gens se libéraient de ces obstacles, tant d'heures et d'efforts supplémentaires seraient consacrés au service du Christ que la tâche de ceux qui n'admettent pas d'excuses se trouverait grandement allégée, et le retour du Christ considérablement hâté. Nous ne sommes pas appelés à vivre au même rythme que le Christ et la Hiérarchie spirituelle, rythme vibrant en harmonie avec les besoins humains et les réactions spirituelles de l'homme. Toutefois, nous sommes appelés à déployer une certaine activité spirituelle et à refuser de nous réfugier derrière des excuses. Il est indispensable que tous les hommes spirituels reconnaissent qu'ils peuvent et doivent travailler dans leur milieu, parmi les personnes avec qui ils sont en rapport et avec les possibilités physiologiques qui sont les leurs. Nulle contrainte, nulle pression n'est exercée au service de la Hiérarchie. La situation est claire et simple. 

A l'époque actuelle, trois grandes activités principales se poursuivent : 

Premièrement, l'activité ressentie dans le Centre où la Volonté de Dieu est connue, cette Volonté-de-Bien qui a entraîné toute la création vers une plus grande gloire et vers une réaction intelligente toujours plus profonde. Aujourd'hui, cette Volonté s'efforce constructivement d'instaurer un nouvel ordre dans le monde, l'ordre du Royaume de Dieu sous la surveillance physique du Christ. On peut considérer cet ordre comme l'extériorisation de la Hiérarchie spirituelle sur notre planète. Le retour du Christ à une activité visible en sera le signe et le symbole. 

Deuxièmement, l'activité exceptionnelle qu'exerce la Hiérarchie spirituelle se manifeste pleinement, depuis le Christ Lui-même jusqu'au plus humble aspirant situé à la périphérie de ce Centre où l'Amour de Dieu est en pleine activité. C'est là que l'on réalise pleinement que, selon les paroles de saint Paul, "jusqu'à ce jour, la création toute entière soupire et souffre les douleurs de l'enfantement, attendant la manifestation des Fils de Dieu". ( Rom., VIII, 22.) Les Fils de Dieu qui sont les fils des hommes se préparent actuellement pour cette manifestation. Un à un, ces Maîtres entrent déjà en activité sur le plan physique en vue du service extérieur actif qui doit s'accomplir. On ne Les reconnaît pas pour ce qu'Ils sont, mais Ils s'occupent des affaires du Père, manifestant la bonne volonté, cherchant à élargir l'horizon de l'humanité. Ils préparent ainsi les voies de Celui qu'Ils servent, le Christ, le Maître de tous les Maîtres, l'Instructeur à la fois des anges et des hommes. 

Troisièmement, il y a l'humanité elle-même, ce Centre que nous appelons la race des hommes, un Centre actuellement en proie au chaos, au trouble et à la confusion, une humanité douloureuse et désorientée, bien qu'elle soit mentalement consciente de possibilités infinies. Les hommes se battent avec ardeur pour réaliser le plan qu'ils estiment le meilleur, mais sans aucun sens de cohésion et sans comprendre que ce plan doit être à un monde un pour une humanité une ( one world for the one humanity). Ils désirent simplement une paix d'ordre sentimental, la sécurité qui leur permettra de vivre et de travailler, et la vision d'un avenir qui satisfera leur sens confus de la persistance divine. Ils sont physiquement malades, privés, pour la plupart, des choses essentielles à une vie normale et saine, tenaillés par un sentiment d'insécurité financière. Consciemment ou non, ils invoquent le Père en leur faveur et en faveur de l'humanité toute entière.

La solution se trouve dans la réapparition du Christ. Telle est la Volonté bien établie de Dieu, et toutes les écritures saintes du monde en témoignent. Tel est le désir du Christ Lui-même et de Ses disciples, les Maîtres de la Sagesse. Telle est l'aspiration inconsciente des peuples de tous les pays. En présence de cette unanimité, de cette uniformité d'intention spirituelle et d'appel conscient, il n'y a qu'un obstacle susceptible d'empêcher la réapparition du Christ, c'est l'incapacité de l'humanité à se préparer en vue de cet événement capital. Il faudrait qu'elle "prépare le chemin du Seigneur", qu'elle "aplanisse Ses sentiers" ( Matt., III, 2), qu'elle familiarise partout les hommes avec l'idée de Son avènement et qu'elle instaure la paix sur terre dans la mesure nécessaire, une paix basée sur de justes relations humaines.

Aujourd'hui le mobile de l'action doit être autre que celui du salut personnel (lequel est supposé ou sous-entendu) et la préparation exigée consiste à travailler avec force et intelligence en vue d'établir de justes relations humaines, une tâche plus vaste en vérité ! C'est là un mobile qui n'est plus égocentrique, mais qui place chaque travailleur individuel et chaque humanitaire du côté de la Hiérarchie et le met en contact avec tous les hommes de bonne volonté. Venons-en maintenant au second obstacle majeur.

2. Le manque d’appui financier pour le travail du Christ

C'est peut-être là que réside la difficulté principale, qui apparaît à beaucoup insurmontable. Elle implique le problème de la saine gestion financière et la dérivation de sommes appropriées dans des canaux qui contribueront certainement au travail de préparation pour le retour du Christ. Elle est étroitement liée au problème des justes relations humaines. 

Ce problème est donc particulièrement ardu, car il ne suffit pas aux travailleurs spirituels du monde de stimuler les gens à donner (selon leurs moyens), mais en bien des cas ils doivent avant tout leur présenter un motif dont la puissance magnétique soit telle qu'ils se sentent contraints à donner. Il faut aussi prévoir l'administration, la fondation ou l'organisation au moyen desquelles les dons pourront être administrés. Cette tâche est d'une difficulté considérable. L'impasse où l'on se trouve engagé en ce moment n'est pas seulement due à la nouveauté du fait de réunir des fonds pour préparer, mais aussi aux habitudes égoïstes de la majorité de ceux qui possèdent les richesses du monde et qui, à supposer qu'ils donnent, le font parce que cela augmente leur prestige et indique leur succès financier. Il y a naturellement des exceptions, mais elles sont relativement rares. 

En généralisant et en simplifiant le sujet à l'extrême, nous pouvons admettre que l'argent est employé de quatre manières principales : 

  1. Dans les myriades de foyers du monde sous forme de traitements, salaires, honoraires, ou richesses héréditaires. Tout cela est actuellement mal équilibré et produit une extrême richesse ou une extrême pauvreté. 
  2. Dans les grands systèmes capitalistes et monopoles dont la structure prédomine dans la plupart des pays. Peu importe que ce capital soit détenu par un gouvernement, une municipalité, une minorité de gens riches ou de grandes organisations de travail (des syndicats ouvriers). Bien peu de cet argent est dépensé pour améliorer l'existence humaine, ou pour inculquer les valeurs qui mènent à l'établissement de justes relations humaines.
  3. Dans les églises et groupes religieux du monde entier. Là (parlant toujours en termes généraux tout en reconnaissant l'existence d'une minorité spirituelle), l'argent est employé pour les aspects matériels de l'œuvre, pour la multiplication et la conservation des structures ecclésiastiques, pour les salaires et les frais généraux. Seul, un faible pourcentage est consacré à l'enseignement des hommes, à la vivante démonstration de la simplicité "telle qu'elle est en Christ", et à la diffusion de la réalité de Son retour, qui constitue cependant depuis des siècles une doctrine bien définie des églises. Ce retour a été prévu à travers les siècles, et serait déjà advenu si les églises et les organisations religieuses avaient partout fait leur devoir. 
  4. Dans le domaine philanthropique, pédagogique et médical. Tout cela a été extrêmement profitable et fort nécessaire, et la dette du monde envers les humanitaires qui ont rendu ces institutions possibles est grande en vérité. Tout cela fut un pas dans la juste direction et une expression de la divine Volonté-de-Bien. Toutefois, cet argent est souvent mal utilisé, mal dirigé et employé surtout à développer des organisations et des structures matérielles. Les résultats ont été limités par les opinions séparatistes de donateurs ou les préjugés religieux de ceux qui commandent la distribution des fonds. La véritable aide à l'humanité ( The One Humanity) est oubliée derrière les querelles d'idées, les théories religieuses et les idéologies. 

Si les dirigeants chargés de canaliser les ressources du monde avaient une vision juste des réalités spirituelles, de l'humanité et du monde, et si leur but avait été d'encourager les justes relations humaines, l'humanité envisagerait aujourd'hui un avenir bien différent. Nous n'aurions pas à faire face à des dépenses se chiffrant par millions pour restaurer physiquement non seulement les corps de millions d'êtres humains, mais encore des villes entières, des moyens de transport et des centres chargés de réorganiser la vie humaine. 

On peut dire également que la valeur spirituelle de l'argent et la responsabilité que celui-ci (en petite ou en grande quantité) confère n'ont pas été justement appréciées ni enseignées à la maison et à l'école. Si elles l'avaient été, nous n'aurions pas aujourd'hui les statistiques effrayantes indiquant les sommes dépensées avant la guerre dans toutes les parties du monde, et aujourd'hui dans l'hémisphère occidental, en friandises, liqueurs, tabac, divertissements, vêtements et luxe inutiles. Elles se chiffrent chaque année par milliards de francs (français). Une petite partie de cet argent, exigeant un minimum de sacrifice, permettrait aux disciples du Christ et au Nouveau Groupe des Serviteurs du Monde de préparer le chemin de Sa venue et d'éduquer les esprits et les cœurs des hommes de tous les pays pour établir de justes relations humaines. 

Comme tant d'autres choses, l'argent a été souillé et accaparé pour servir à des fins égoïstes individuelles ou nationales. La guerre mondiale de 1914-1945 en est la preuve, car malgré qu'on ait beaucoup parlé de "sauver le monde démocratique" et de "faire la guerre pour en finir avec la guerre", les motifs principaux de la guerre étaient l'auto-défense et l'auto-protection, l'espoir du gain, l'assouvissement de haines anciennes et la récupération de territoires. Les années écoulées depuis la guerre en ont donné la preuve. Il est malheureux que l'organisation des Nations Unies doive s'occuper de requêtes avides, provenant de toutes parts, de manœuvres de nations qui recherchent leur prestige et leur pouvoir, et la possession de richesses naturelles (charbon, pétrole), de même que des activités secrètes des grandes puissances et des capitalistes. 

En attendant, l'humanité (considérée en bloc), sans distinction de nationalité, de race ou de religion, implore la paix, la justice et la sécurité. Elle pourrait rapidement l'obtenir si la majorité des gens employaient bien leur argent et prenaient conscience de leurs responsabilités financières, basées sur les valeurs spirituelles. A l'exception de quelques rares philanthropes à la vision large, et d'une poignée d'hommes d'état, d'église, ou d'éducateurs vraiment éclairés, on ne trouve nulle part ce sens de responsabilité financière.

Le temps est maintenant venu d'évaluer de nouveau l'argent, de l'utiliser et de le canaliser vers de nouvelles directions. La voix du peuple doit prévaloir, mais il faut que ce peuple ait la notion des vraies valeurs, comprenne la signification d'une vraie culture et de la nécessite d'établir de justes rapports humains. Il s'agit donc essentiellement d'une saine éducation et d'une préparation adéquate au civisme international, choses qui n'ont pas encore été entreprises 10. Entre temps, l'humanité meurt de faim, reste sans éducation véritable, a une fausse conception des valeurs et fait un mauvais usage de l'argent. Jusqu'à ce que cette situation ait commencé à se redresser, le retour du Christ est impossible.

En face de cette confuse situation financière, quelle est la solution du problème ? Dans tous les pays, dans tous les gouvernements, dans toutes les Églises et religions, dans tous les instituts d'éducation, des hommes et des femmes détiennent cette réponse. Dans quelle mesure peuvent-ils conserver de l'espoir, en particulier celui de voir s'accomplir le travail qui leur a été confié ? Comment les peuples du monde, les hommes de bonne volonté qui voient clair, les hommes spirituels, peuvent-ils apporter leur concours ? Que peuvent-ils faire pour changer les conceptions des gens quant à l'argent, pour en diriger l'écoulement vers des canaux où il sera employé plus judicieusement ? Il faut trouver la réponse. 

Deux groupes peuvent faire beaucoup : 

  1. Ceux qui emploient déjà les ressources financières du monde, s'ils entrevoient les nouveaux horizons et se rendent compte que l'ancien ordre des choses est en voie de disparition. 
  2. La masse des gens généreux et bons dans toutes les classes et toutes les sphères d'influence.

Les hommes de bonne volonté et d'orientation spirituelle doivent se libérer de l'idée qu'ils sont relativement inutiles, insignifiants et futiles. Ils doivent comprendre qu'aujourd'hui, à cette heure critique et décisive, ils peuvent agir puissamment. Les forces du mal sont vaincues bien que l'humanité n'ait pas encore "scellé la porte de la demeure du mal", comme le Nouveau Testament a prévu que cela arriverait. Le mal recherche toutes les voies possibles pour une nouvelle offensive. Mais nous pouvons dire avec confiance et insistance que les gens humbles, éclairés et désintéressés existent en nombre suffisant pour faire sentir leur puissance, s'ils le veulent. Dans tous les pays, il y a des millions de personnes spirituelles, hommes et femmes, qui pourront, de façon permanente, diriger l'argent dans de nouveaux canaux, lorsqu'ils s'uniront pour aborder tous ensemble ce problème. Il y a dans tous les pays des écrivains et des penseurs qui peuvent apporter une aide considérable, et qui le feront si le problème leur est bien présenté. Il y a des étudiants ésotéristes et des gens d'église à qui l'on peut faire appel pour préparer le chemin de retour du Christ, surtout si l'aide qu'on leur demande consiste à dépenser du temps et de l'argent pour établir de justes relations humaines, et pour accroître et répandre la bonne volonté. 

On n'exige pas une grande campagne pour récolter de l'argent, mais le travail désintéressé de milliers de gens apparemment sans importance. Je dirais que la qualité essentielle est le courage. Il faut du courage pour se libérer de la méfiance, de la timidité et de la répugnance que l'on éprouve à maintenir un point de vue, surtout s'il s'y mêle des questions d'argent. C'est en cela que la majorité échoue. Aujourd'hui, il est relativement facile de recueillir des fonds pour la Croix Rouge, pour des hôpitaux et pour des institutions d'éducation. Il est extrêmement difficile d'en recueillir pour répandre la bonne volonté ou d'assurer le juste emploi de l'argent en faveur d'idées d'avenir telles que le retour du Christ. C'est pourquoi je dis que la première condition requise est le courage

La seconde condition à remplir par les travailleurs du Christ consiste à faire les sacrifices et à prendre les dispositions qui leur permettront de donner jusqu'à la limite du possible. Il ne suffit pas d'être bien entraîné à parler du sujet. Chaque travailleur doit mettre en pratique ce qu'il prêche. Si par exemple les millions de personnes qui aiment le Christ et cherchent à servir Sa cause donnaient au moins une petite somme annuelle, il y aurait des fonds en suffisance pour Son travail. Alors apparaîtraient automatiquement les administrateurs nécessaires. La difficulté ne consiste pas dans l'organisation de l'argent et du travail. Elle réside dans l'apparente incapacité des gens à donner. Pour une raison ou une autre, ils donnent peu ou ne donnent rien, même lorsqu'une cause comme celle du retour du Christ les intéresse. La crainte de l'avenir, le désir d'acheter et faire des cadeaux, ou l'incapacité de comprendre que l'accumulation de nombreuses petites sommes finit par former une très forte somme, tout cela fait obstacle à leur générosité, et l'excuse qu'ils invoquent leur semble toujours valable. Donc, la seconde condition requise est que chacun donne selon ses possibilités. 

Troisièmement, les écoles et les mouvements spirituels et les groupes d'ésotéristes se sont beaucoup préoccupés d'attirer l'argent pour la réalisation de leurs buts. L'on se demande souvent pourquoi le mouvement "Unité", l'Église de la Science chrétienne et maints autres mouvements de la Pensée nouvelle s'arrangent toujours pour recueillir les fonds nécessaires, alors que d'autres groupes, particulièrement les groupes d'ésotéristes, n'y parviennent pas. Pourquoi les vrais travailleurs spirituels semblent-ils incapables de matérialiser ce dont ils ont besoin ? La réponse est simple : les groupes et les travailleurs les plus proches de l'idéal spirituel sont comme une maison divisée contre elle-même. Leur attention est principalement centrée sur des niveaux abstraits, et ils semblent n'avoir pas saisi que le plan physique présente la même importance, pourvu qu'on l'aborde à partir des niveaux spirituels. Les vastes mouvements spiritualistes attachent une grande importance aux preuves matérielles. Ils sont tellement concentrés sur ce point et y insistent tant qu'ils obtiennent ce qu'ils demandent. Ils doivent apprendre que la demande et la réponse doivent être motivées par un but spirituel, et que ce qui est demandé ne doit pas être employé à des fins personnelles ou en faveur d'une organisation ou d'une église séparatives. Au seuil du nouvel âge, avant le retour du Christ, l'argent demandé doit servir à l'établissement de justes relations humaines, à la diffusion de la bonne volonté et non à la croissance d'une organisation particulière quelle qu'elle soit. Les organisations qui demandent des fonds doivent travailler avec le minimum de frais généraux et d'organisation centrale, et leurs travailleurs ne demander qu'un salaire minimum, mais raisonnable. Ces organisations n'existent encore qu'en petit nombre, mais celles qui fonctionnent aujourd'hui peuvent donner un exemple qui sera rapidement suivi, à mesure que grandira le désir du retour du Christ. C'est pourquoi la troisième condition requise est le service de l'humanité (one humanity).

La quatrième condition requise est de présenter intelligemment la cause pour laquelle on demande des fonds. Il ne suffit pas d'avoir le courage de parler, mais il est aussi important de bien présenter la cause. Le point essentiel à souligner dans le travail préparatoire au retour du Christ est l'établissement de justes relations humaines. Cette tâche a déjà été entreprise dans le monde entier par des hommes de bonne volonté, sous leurs multiples noms.

Nous en arrivons maintenant à la cinquième condition requise : c'est la foi vivante et convaincue en l'humanité dans son ensemble. Il ne faut pas être pessimiste quant à l'avenir de l'humanité ni se lamenter de la disparition de l'ancien ordre des choses.

"Le bon, le vrai et le beau" sont en route, et c'est l'humanité qui en est responsable, non quelque intervention divine extérieure. L'humanité est saine et s'éveille rapidement. Nous traversons la période que le Christ avait prévue, où tout est proclamé du haut des toits. Tout ce que nous écoutons ou lisons de laideurs, de crimes, de plaisirs sensuels, ou de dépenses de luxe nous enclint au découragement ; il faut comprendre qu'il est salutaire que tout cela vienne à la surface et que nous en prenions connaissance. Cela ressemble à la purification du subconscient auquel des individus se soumettent. Cela présage la venue d'un jour nouveau et meilleur. 

Le travail ne manque pas, et c'est aux hommes de bonne volonté, à la vision spirituelle et à l'esprit véritablement chrétien de l'accomplir. Ils doivent inaugurer l'ère où l'argent sera employé au service de la Hiérarchie spirituelle, et ils doivent inclure cette nécessité dans la pratique de l'invocation. L'invocation est la forme de prière la plus élevée, c'est une nouvelle manière de s'adresser au divin que la connaissance de la méditation a maintenant rendue possible.