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PREMIERE SECTION L’ASPIRANT ET LES MYSTERES DE L’INITIATION - Partie 8

b. La compréhension mentale de la tâche à accomplir. Ceci implique l'emploi du mental de deux manières : la réceptivité à l'impression bouddhique ou intuitionnelle, et un acte de l'imagination créatrice.

c. Le processus de rassemblement d'énergie ou d'absorption de force, afin de circonscrire les énergies nécessaires dans un cercle infranchissable mental, avant de passer au processus plus tardif de visualisation et de projection. [488]

d. La période de pensée claire concernant le processus et l'intention, afin que le constructeur de pont consacré puisse percevoir clairement ce qu'il fait.

e. Le ferme maintien de la tension sans effort trop grand des cellules du cerveau.

Quand ceci aura été accompli, on s'apercevra qu'il existe un point focal d'énergie mentale qui n'existait pas auparavant ; le mental sera maintenu stable dans la lumière ; de plus, seront alignées une personnalité attentive et réceptive et une âme orientée vers la personnalité et en état constant de perception dirigée. Je voudrais vous rappeler que l'âme (vivant sa propre vie sur son niveau de conscience) n'est pas en permanence consciente de son ombre, la personnalité dans les trois mondes. Lors de la construction de l'antahkarana cette conscience doit exister, parallèlement à l'intention de la personnalité.

2. Visualisation

Jusqu'ici, l'activité a été de nature mentale. L'imagination créatrice a été relativement en repos ; le disciple a été occupé dans le mental, sur les niveaux mentaux, et n'a "regardé ni en haut ni en bas". Mais maintenant le juste point de tension a été atteint, les énergies nécessaires ont été contenues à l'intérieur du cercle infranchissable soigneusement délimité et le constructeur du pont est prêt au stade suivant. À ce point, il commence donc à construire le schéma du travail à faire, en puisant dans l'imagination et dans ses facultés qui se situent sur le niveau le plus élevé de son véhicule astral ou sensible. Ceci n'a aucune relation avec les émotions.

L'imagination est, comme vous le savez, l'aspect le plus bas de l'intuition, et il faut se souvenir de ce fait en permanence. La sensibilité, en tant qu'expression du corps astral est le pôle opposé de la sensibilité bouddhique. Le disciple a purifié et raffiné ses facultés d'imagination de sorte qu'elles sont maintenant réceptives à l'impression du principe bouddhique ou perception intuitive, perception séparée de la vue ou de toute possibilité de vision enregistrée. La réceptivité du véhicule astral à l'impression bouddhique déterminera [489] l'exactitude des "plans" élaborés pour la construction de l'antahkarana et la visualisation du pont de lumière dans toute sa beauté et sa perfection.

L'imagination créatrice doit être accélérée dans sa nature vibratoire afin de pouvoir affecter la "réserve d'énergie" ou de substance-énergie qui a été rassemblée pour la construction du pont. L'activité créatrice de l'imagination est la première influence organisatrice qui agisse sur et dans le cercle infranchissable d'énergies accumulées maintenues en état de tension par l' "intention" du disciple. Réfléchissez à cette déclaration occulte et significative.

L'imagination créatrice est une sorte d'énergie active, attirée vers le haut et entrant en relation avec le point de tension ; là, elle produit des effets dans la substance mentale. La tension est ainsi accrue ; plus le processus de visualisation sera puissant et clair, plus beau et plus solide sera le pont. La visualisation est la méthode par laquelle l'imagination créatrice est rendue active et devient réceptive au point de tension sur le plan mental ; elle est aussi attirée par ce point.

À ce stade le disciple s'occupe de deux énergies : l'une, en repos maintenue à l'intérieur du cercle infranchissable, mais à un point d'extrême tension ; l'autre active, créatrice d'images, s'extériorisant et étant réceptive au mental du constructeur du pont. À ce sujet il faut se souvenir que le deuxième aspect de la divine Trinité est l'aspect qui construit les formes, et donc, selon la loi d'Analogie, c'est le deuxième aspect de la personnalité et le deuxième aspect de la Triade spirituelle qui deviennent actifs de manière créatrice. Le disciple passe maintenant au second stade de son travail de construction, et la signification numérique doit vous apparaître. Il lui faut travailler lentement à ce stade, se représentant ce qu'il veut faire, pourquoi il doit le faire, quels sont les stades de son travail, quels seront les résultats de l'activité qu'il a prévue, et quels sont les matériaux avec lesquels il doit travailler. Il s'efforce de visualiser l'ensemble du processus et, par ce moyen, établit un rapport véritable (s'il réussit) entre l'intuition bouddhique et [490] l'imagination créatrice du corps astral. En conséquence, à ce stade vous avez :

L'activité bouddhique d'impression.

La tension du véhicule mental, maintenant la substance-énergie au point de projection.

Les processus de l'imagination du corps astral.

Quand le disciple s'est entraîné à être conscient de la simultanéité de ces trois activités, celles-ci progressent avec succès, presque automatiquement. C'est par le pouvoir de la visualisation que le disciple le fait. Entre ces opposés (astral- bouddhique) un courant de force est mis en mouvement qui – passant par le réservoir de force du plan mental – produit une activité intérieure et une organisation de la substance présente. Survient alors une puissance s'accroissant régulièrement jusqu'à ce que le troisième stade soit atteint, et que le travail sorte de la phase subjective pour entrer dans la réalité objective – objective du point de vue de l'homme spirituel.

3. Projection

La tâche du disciple a maintenant atteint le point le plus critique. Beaucoup d'aspirants atteignent ce stade particulier et – ayant acquis une véritable faculté de visualisation et ayant donc construit par ce moyen la forme désirée et organisé la substance qui doit être employée dans cette phase plus tardive du processus de construction – se révèlent incapables d'aller plus loin. Qu'y a-t-il donc ? Tout d'abord une incapacité à utiliser la Volonté dans le processus de projection. Ce processus réunit l'utilisation de la volonté, la continuation d'une visualisation plus poussée et l'emploi du Mot de Pouvoir correspondant au rayon. Jusqu'au stade présent du processus, la méthode est identique pour les sept rayons ; mais à ce point un changement intervient. Chaque disciple ayant réussi à organiser la substance du pont, ayant mis en route l'activité de l'aspect volonté, ayant conscience du processus et de ce qu'il accomplit, commence maintenant à déplacer la substance organisée vers l'avant, de sorte qu'à partir du centre des forces qu'il a réussi à accumuler, apparaît une ligne de substance-lumière ou projection. [491] Celle-ci est lancée vers l'avant par un Mot de Pouvoir, comme dans le processus logoïque de création. C'est en vérité l'inverse du processus de la Monade lorsqu'elle projeta le fil de vie qui s'ancra finalement dans l'âme. L'âme, en réalité, naquit par le moyen de cet ancrage ; puis vint le processus suivant où l'âme, à son tour, projeta un fil double qui finalement s'ancra dans la tête et dans le cœur de l'homme inférieur triple, la personnalité. Le disciple est focalisé dans le centre qu'il a construit sur le plan mental, et met en activité toutes ses ressources (celles de la personnalité triple unies à celles de l'âme) ; il projette maintenant une ligne vers la Monade.

C'est le long de cette ligne que les forces se retirent finalement, forces qui – sur la voie descendante ou sentier involutif – se focalisèrent dans la personnalité et dans l'âme. L'antahkarana lui-même, complété par le pont qu'a construit le disciple, est le moyen final de l'abstraction ou du grand retrait. L'antahkarana concerne l'initié à la quatrième initiation, appelée quelquefois la Grande Renonciation – renonciation à la vie dans la forme ou abstraction, à la fois personnelle et égoïque. Après cette initiation, aucun de ces aspects ne peut plus retenir la Monade. Le "voile du Temple" est déchiré en deux de haut en bas – ce voile qui séparait la Cour Extérieure (la vie de la personnalité) du Lieu Saint (l'âme) et du Saint des Saints (la Monade) dans le Temple de Jérusalem. Les implications et les analogies ne manqueront pas de vous apparaître clairement.

Afin donc d'obtenir la nécessaire projection d'énergies accumulées organisées par l'imagination créatrice et portées à un point extrême de tension par la focalisation de l'impulsion mentale (aspect de la volonté) le disciple fait alors appel aux ressources de son âme, emmagasinées dans ce que techniquement on appelle "le joyau dans le lotus". C'est l'ancrage de la Monade, point qu'il ne faut pas oublier. Les aspects de l'âme que nous appelons connaissance, amour et sacrifice, et qui sont des expressions du corps causal, ne sont que des effets de ce rayonnement monadique. [492]

Donc, avant que le pont ne soit vraiment construit et "projeté sur la voie montante assurant la sécurité de parcours aux pieds las du pèlerin" (selon les termes de l'Ancien Commentaire), le disciple doit commencer à réagir en réponse au bouton du lotus fermé, au centre du lotus épanoui. Il le fait quand les pétales de sacrifice du lotus égoïque dominent sa vie, quand sa connaissance se transmue en sagesse et que son amour pour le tout grandit ; à ces facteurs s'ajoute le "pouvoir de renoncement". Ces trois qualités égoïques – quand elles agissent avec une certaine puissance – engendrent une activité accrue au centre même de la vie de l'âme, le cœur du lotus. Il faut se souvenir que, dans le lotus égoïque, les correspondances des trois centres planétaires sont les suivantes :

Shamballa Le joyau dans le lotus.

La Hiérarchie Les trois groupes de pétales.

L'humanité Les trois atomes permanents dans l'aura du lotus.

Les étudiants devraient aussi se débarrasser de l'idée habituelle que le sacrifice est un processus d'abandon ou de renonciation à tout ce qui rend la vie digne d'être vécue. Techniquement, le sacrifice est l'obtention d'un état de félicité et d'extase, car c'est la réalisation d'un autre aspect divin, caché jusque là par l'âme et la personnalité. C'est la compréhension et la reconnaissance de la volonté-de-bien qui ont rendu la création possible et inévitable, et qui ont été la vraie cause de la manifestation. Réfléchissez à ceci, car la signification des concepts habituels concernant le sacrifice est très différente.

Quand le disciple a recueilli le fruit de l'expérience qui est de connaître et d'apprendre à transmuer cette connaissance en sagesse, quand son objectif est de vivre dans la vérité et la réalité, et quand la volonté-de-bien est le but couronnant sa vie journalière, il peut alors commencer à évoquer la Volonté. Cela fera, du chaînon reliant le mental inférieur au supérieur, l'esprit à la matière et la Monade à la personnalité, [493] un fait précis. La dualité remplace alors la triplicité, et la puissance du noyau central du véhicule égoïque détruit – à la quatrième initiation – les trois expressions qui l'entourent. Elles disparaissent, et la prétendue destruction du corps causal est alors accomplie. C'est la véritable "deuxième mort", la mort totale vis-à-vis de la forme.

C'est pratiquement tout ce que je peux vous dire au sujet du processus de projection. C'est un processus vivant, engendré par l'expérience journalière consciente, et dépendant de l'expression des aspects divins dans la vie sur le plan physique autant que c'est possible. Lorsqu'on s'efforce de rapprocher la vie de la personnalité des exigences de l'âme, et d'utiliser l'intellect au bénéfice de l'humanité, l'amour commence à dominer ; la signification du "divin sacrifice" est alors de mieux en mieux comprise et devient une expression naturelle, spontanée, de l'intention de l'individu. Il devient alors possible de projeter le pont. La vibration est établie sur les niveaux inférieurs de la manifestation divine et devient assez forte pour susciter une réponse des niveaux supérieurs. Dès lors, quand le Mot de Pouvoir est connu et employé correctement, le pont est rapidement construit.

Il ne faut pas que les étudiants se sentent en rien découragés par ce tableau. Beaucoup de choses peuvent arriver sur les plans supérieurs quand il existe une intention correcte, de même qu'une intention occulte (dessein et tension réunis) ; le pont parvient au stade du contour précis et de la structure précise longtemps avant que le disciple n'en ait conscience.

4. Invocation et Évocation

Les trois stades précédents marquent, en réalité, les trois stades du travail de la personnalité. Les trois qui restent sont des expressions de réponse des niveaux supérieurs de la vie spirituelle ; au-delà d'une brève indication de ces stades, je ne peux formuler que très peu de chose. La tâche d'Invocation, basée sur l'intention, la visualisation et la projection a été soigneusement entreprise par le disciple et il a au moins une certaine mesure de perception claire quant au travail qu'il a fait, par le moyen d'un mode de vie spirituel et d'un travail occulte, scientifique et technique. Il est donc lui-même invocatoire. L'effet de sa vie est enregistré sur les niveaux supérieurs de conscience et il est reconnu comme un "point de tension invocatoire". Cette tension, réservoir [494] d'énergie vivante qu'est le disciple lui-même, est mise en mouvement par la pensée projetée, l'utilisation de la volonté et l'énonciation d'un Mot ou Expression de Pouvoir.

Il en résulte que la puissance qu'il a acquise et son rayon d'influence sont maintenant assez forts pour provoquer une réponse de la Triade spirituelle. Il se produit alors un mouvement en avant vers l'aspect de l'antahkarana construit par le disciple, le long duquel la vie de l'âme et du corps peut passer. Le Père (Monade), agissant par le fil va maintenant à la rencontre du Fils (l'âme, enrichie de l'expérience de la vie de la personnalité dans les trois mondes), et les niveaux supérieurs répondent en envoyant une ligne de projection d'énergie qui entrera finalement en contact avec la projection inférieure. C'est ainsi que le pont est construit. La tension de l'inférieur évoque l'attention du supérieur.

Ceci est le procédé technique d'invocation et d'évocation. Il se produit un rapprochement progressif des deux aspects divins. Petit à petit, tous deux renforcent réciproquement leur vibration. Vient ensuite un moment où le contact entre les deux projections se fait pendant la méditation. Il ne s'agit pas de contact entre l'âme et la personnalité (but de l'aspirant moyen) mais de contact entre l'énergie de l'âme et celle de la personnalité fusionnées, et l'énergie de la Monade, agissant par la Triade spirituelle. Ceci ne constitue pas un moment de crise, mais une sorte de Flamme de Lumière, une réalisation de libération, et une reconnaissance du fait ésotérique que l'homme est, lui-même, la Voie. Il n'y a plus de sens de la personnalité et de l'âme, ou de l'égo et de la forme, mais simplement l'Un, fonctionnant sur tous les plans en tant que point d'énergie spirituelle, et parvenant à la sphère unique d'activité prévue, par le moyen du sentier de Lumière. Dans l'examen de ce processus, les mots se révèlent complètement inadéquats. À ce stade très avancé, il n'existe aucune forme attirant la Monade vers l'extérieur dans la manifestation. Il n'existe aucune façon dont l'appel de la matière ou de la forme puisse évoquer une réponse de la Monade. Il ne reste que la grande attirance de la conscience de l'humanité, dans son ensemble et, à cela, la réponse peut se faire via l'antahkarana parachevé. C'est en [495] descendant par ce pont ou plutôt en le traversant, qu'il est possible de descendre à volonté, afin de servir l'humanité et d'exécuter la volonté de Shamballa.

Ceci est une affirmation de la consommation ultime. Mais avant que cela puisse survenir dans son parfait achèvement, il doit y avoir une longue période d'approche graduelle des deux aspects du pont – le supérieur émanant de la Triade spirituelle, en réponse à l'impulsion monadique, et l'inférieur émanant de la personnalité aidée par l'âme – pour franchir le gouffre du mental séparatif. Finalement, le contact se fait entre ce que projette la Monade et ce que le disciple projette ; viennent ensuite les cinquième et sixième stades.

5 et 6. Stabilisation et Résurrection

Le pont est maintenant construit. Peut-être les fils en sont-ils minces et ténus au début, mais le temps et la compréhension active tisseront lentement un fil après l'autre, jusqu'à ce que le pont soit terminé. Celui-ci doit forcément être utilisé, car il n'y a pas d'autre moyen de relation entre l'initié et Celui dont il sait maintenant qu'il est lui-même. Il monte en pleine conscience dans la sphère de vie monadique ; il est ressuscité, il sort de l'obscure caverne de la vie personnelle pour entrer dans la lumière éclatante de la divinité. Il n'est plus seulement une partie de l'humanité et un membre de la Hiérarchie, mais il appartient à la grande compagnie de Ceux dont la volonté est consciemment divine et qui sont les Gardiens du Plan. Ils sont réceptifs à l'impression de Shamballa et dirigés par les Chefs de la Hiérarchie.

Le "droit de cité" des trois Centres leur appartient. Ils peuvent exprimer à volonté l'énergie triple de l'humanité, l'énergie double de la Hiérarchie et l'énergie une de Shamballa.

Tel, mes frères, est le but du disciple lorsqu'il commence à construire l'antahkarana. Réfléchissez à ces questions et poursuivez le travail.

(Dans certains "Entretiens s'adressant aux Disciples", le Tibétain fait les remarques suivantes qui s'appliquent ici avec une force particulière. A.A.B.) [496]

"Ce dont vous avez le plus besoin est d'intensifier votre aspiration spirituelle intérieure. Il vous faut travailler plus nettement à partir de ce que l'on pourrait appeler un point de tension. Étudiez ce que j'ai dit concernant la tension et l'intensité. C'est l'intensité de dessein qui d'un aspirant progressant de manière assez satisfaisante, fera de vous un disciple dont le cœur et le mental sont enflammés. Peut-être néanmoins, préférez-vous avancer régulièrement, sans effort de groupe, en faisant de votre travail pour moi et pour le groupe une partie ordonnée de votre vie quotidienne, que vous pouvez organiser à votre gré, et dans laquelle la vie de l'esprit reçoit sa part raisonnable, dans laquelle l'aspect service n'est pas négligé, et où votre vie se présente soigneusement équilibrée et conduite sans beaucoup d'effort réel. Lorsqu'il en est ainsi, ce peut être le choix de votre personnalité, ou la décision de votre âme pour une vie spécifique, mais cela veut dire que vous n'êtes pas le disciple subordonnant tout à la vie de disciple.

Je voudrais ici signaler deux choses. Premièrement : Si vous pouvez modifier votre tension de manière à être conduit par la vie de l'esprit cela impliquera un bouleversement qui galvanisera votre vie spirituelle. Y êtes-vous préparé ? Deuxièmement : Cela ne produira pas de changement extérieur dans vos relations avec l'entourage. Vos obligations et vos intérêts extérieurs doivent continuer à être satisfaits, je parle d'une orientation intérieure, de décisions intérieures dynamiques, et d'une organisation intérieure en vue du service et du sacrifice. Peut-être préférez-vous la voie plus lente et plus facile ? S'il en est ainsi, c'est entièrement votre affaire, et vous êtes toujours sur le sentier. Vous êtes toujours une personne constructive et utile. Je ne fais que vous placer en présence d'une des crises qui surviennent dans la vie de tous les disciples, lors desquelles il faut faire un choix qui sera déterminant pour un cycle mais seulement pour un cycle. C'est avant tout une question de rapidité et d'organisation en vue de la rapidité. Cela veut dire qu'il faut éliminer ce qui n'est pas essentiel et se concentrer sur l'essentiel – l'essentiel intérieur, concernant l'âme et sa relation avec la personnalité, et l'essentiel externe concernant vous-même et votre entourage.

"Je voudrais vous donner trois pensées-clé afin que vous y [497] réfléchissiez pendant les six prochains mois. Vous y réfléchirez pendant trois mois, dans la tête ; pendant les trois mois suivants vous y réfléchirez dans le cœur. Ces pensées-clé sont :

1. La nécessité de la rapidité.

2. La réorganisation de l'échelle des valeurs pour la pensée et le mode de vie.

3. L'expression de : Sincérité, Sacrifice, Simplicité." [1]

Les nombreux fils de lumière, tissés par les aspirants, les disciples et les initiés font apparaître progressivement l'antahkarana de groupe, ce pont grâce auquel l'humanité tout entière pourra se retirer de la matière et de la forme. Cette construction de l'antahkarana est le grand et ultime service que tous les vrais aspirants peuvent rendre.

La Tâche immédiate qui vous attend

Ce que j'ai à dire maintenant est, en quelque sorte, une généralisation. J'aimerais indiquer dans la mesure où c'est possible (en vous demandant de vous souvenir que toute généralisation est vraie fondamentalement, mais erronée dans le détail) le point où se situe l'humanité par rapport à l'antahkarana. On pourrait dire que le but de l'évolution normale est d'amener l'humanité au point où une ligne de contact directe sera établie entre la personnalité et la Triade spirituelle, via l'âme ou, plutôt, en utilisant le moyen de la conscience de l'âme pour parvenir à cet état de perception. Cela est consommé à la troisième initiation. Nous allons maintenant, pendant une minute, examiner la Monade.

Je voudrais vous rappeler qu'il y a une analogie entre la relation personnalité- âme, et la relation Triade-Monade. Cette analogie est essentiellement totale, du point de vue de la conscience, mais non du point de vue de la forme. Ce qui se produit finalement au stade le plus avancé de développement est la fusion complète de la personnalité-âme unifiée avec la Monade-Triade spirituelle unifiée. C'est seulement [498] quand ceci a été véritablement accompli que les Vies qui informent notre système solaire sont complètement libérées de toute domination de la forme. Gardez soigneusement ceci à l'esprit, et comprenez la signification du mot Service, si fréquemment employé dans la science occulte. Comprenez aussi le fait que la tâche qui attend immédiatement les aspirants et les disciples est :

1. De réaliser l'unification de l'âme et du corps, par le moyen de l'alignement.

2. De construire l'antahkarana, en utilisant les sept méthodes ou moyens décrits par moi précédemment, évoquant ainsi une réponse de la Triade. Alignement-Invocation-Évocation sont les trois idées principales qu'il vous faut garder à l'esprit alors que nous poursuivons cette étude.

La raison pour laquelle je communique ce que, antérieurement, on considérait comme un travail préparatoire à la troisième initiation, est que l'humanité est maintenant au point de développement qui justifie une modification complète de l'approche de la divinité, telle que l'enseigne la Hiérarchie. Cela ne signifie pas que l'enseignement passé soit abrogé, mais il se rapporte au passé, aux premiers stades du Sentier du Disciple, tandis que l'enseignement donné à ces stades devient maintenant le travail des aspirants sur le Sentier de Probation. L'accent a été mis sur la purification, sur la nécessité de développer la vie christique, sur la vision mystique et sur la philosophie. Des vérités occultes ont été présentées à l'humanité, qui ont suscité beaucoup d'intérêt, de critiques et de discussions ; elles ont intéressé tous les types de mental ; elles ont été déformées et mal appliquées. Néanmoins, elles ont aidé les aspirants avancés à aller de l'avant sur le Sentier du Disciple, et provoqué une progression parallèle des disciples acceptés. Lorsqu'on est fermement établi sur le Sentier, les vérités deviennent évidentes par elles-mêmes ; leur application individuelle ainsi que leur vérification peuvent être faites ; elles conduisent inévitablement le disciple au Portail de l'Initiation.

La race humaine, dans son ensemble, se trouve maintenant à l'entrée même du Sentier du Disciple. Son regard se tourne vers l'avant vers la vision, qu'il s'agisse de la vision de l'âme, de la vision d'un mode de vie meilleur, d'une situation économique améliorée, ou de relations [499] inter-raciales meilleures. Que cette vision soit souvent déformée, qu'elle soit orientée vers la matière, ou saisie en partie seulement, est tristement vrai ; mais, sous une forme ou sous une autre, il existe aujourd'hui une compréhension appréciable de ce qui est "nouveau et souhaitable" de la part des masses, ce qui jusque là était inconnu. Dans le passé, c'était l'intelligentsia ou les élus qui étaient doués de vision. Aujourd'hui, c'est la masse des hommes. L'humanité dans son ensemble est prête au processus général d'alignement et c'est la raison spirituelle qui était derrière la guerre mondiale. Les "ciseaux tranchants du chagrin doivent séparer le réel de l'irréel ; le coup de fouet de la douleur doit éveiller l'âme endormie à une vie meilleure, il faut entreprendre d'arracher les racines de la vie, du sol de désir égoïste, l'homme alors se trouvera libre." Ainsi s'exprime l'Ancien Commentaire dans l'une de ses stances très mystiques. Il indique donc prophétiquement la fin de la race aryenne, non la fin dans le sens du travail accompli, mais la fin d'un cycle de perfectionnement mental, préparant un cycle où le mental sera correctement utilisé en tant qu'instrument de l'alignement, puis en tant que projecteur de l'âme, et maître de la personnalité.

Pour les masses – selon les méthodes lentes de l'évolution – le prochain pas en avant est l'alignement de l'âme et de la forme, de sorte qu'il puisse y avoir une fusion de conscience succédant à l'appréciation mentale du principe christique et de sa profonde expression dans la vie de la race humaine. C'est quelque chose que l'on peut voir se dégager très clairement si l'on a des yeux pour voir. Cela est rendu évident par l'intérêt universel porté à la bonne volonté, conduisant finalement à la paix. Ce désir de paix peut reposer sur l'égoïsme individuel ou national, ou sur le vrai désir d'un monde meilleur où l'homme pourrait avoir une vie spirituelle plus pleine, et fonder ses efforts sur des valeurs plus vraies. Cela apparaît dans tous les plans formés en vue d'un nouvel ordre mondial, basé sur la liberté de l'homme, la croyance dans ses droits et de justes relations humaines. Cela se manifeste aussi par le travail des grands mouvements humanitaires, les organisations de service social, et la vaste évocation du mental humain au moyen du réseau d'institutions [500] d'éducation dans le monde entier. L'esprit du Christ est, de manière éloquente, présent, et si l'on n'a pas reconnu ce fait, c'est dû surtout à l'effort prédominant de l'homme pour expliquer et interpréter cette phrase uniquement en termes de religion, alors que l'interprétation religieuse n'est qu'une manière de comprendre la Réalité. Il y en a d'autres, d'importance égale. Toutes les grandes voies d'approche de la Réalité sont de nature spirituelle et interprètent le dessein divin ; que la religion chrétienne parle du royaume de Dieu, ou que les personnes humanitaires insistent sur la fraternité de l'homme, ou que des chefs mènent la lutte contre le mal et pour l'ordre mondial nouveau, les quatre libertés ou le Pacte atlantique, tous expriment l'apparition de l'amour de Dieu sous sa forme d'esprit christique.

L'humanité, dans son ensemble, a donc atteint le point où elle émerge de l'obscurité ; elle a elle-même évoqué la réaction des puissances du mal, d'où la tentative de ces dernières pour arrêter le progrès de l'esprit humain et la marche en avant vers le bien, le vrai et le beau.

Les aspirants et les disciples en probation s'occupent du processus précis de focalisation de la conscience dans l'âme. Ce processus se divise en deux parties :

L'intensification de la vie de la personnalité, de sorte qu'elle soit développée jusqu'à ses pouvoirs individualistes les plus élevés.

Le processus de progression dans la lumière et de contact de l'âme conscient.

Ceci implique le stade précédent d'alignement, qui est le mode de focalisation, d'effort concentré, selon le rayon et le dessein de vie de l'âme. Cela peut prendre la forme d'une profonde application à quelque effort scientifique, ou d'une profonde concentration sur le travail spirituel du monde, ou ce peut être une consécration totale à un effort humanitaire ; cela n'a pas d'importance. J'attire votre attention sur cette déclaration. Dans tous les cas, le pouvoir de motivation doit être l'amélioration ; elle doit être poursuivie avec un effort extrême ; mais – étant donné un motif juste et simultanément un effort pour cultiver un bon caractère et un dessein stable – l'aspirant, ou disciple en probation, s'apercevra finalement qu'il a réussi à établir une véritable relation avec l'âme. Il découvrira que la voie de contact entre l'âme et le cerveau, [501] passant par le mental, a été ouverte, et qu'il a maîtrisé le premier stade du processus d'alignement nécessaire.

L'homme alors passe sur le Sentier du Disciple et peut entreprendre le travail dont je vous donne les grandes lignes dans ce traité. Ainsi, vous voyez comment la famille humaine tout entière a atteint un point central et des plus importants sur le sentier de l'évolution. La voie en avant, que tous doivent suivre immédiatement, consiste à maintenir une juste orientation sans se laisser détourner par les circonstances, puis à aller de l'avant sans défaillance.

Je vous ai donné les six méthodes de construction de l'antahkarana et, à mesure que nous étudierons le point suivant, je souhaite que vous vous y reportiez de temps en temps. Les méthodes de rayon dont nous allons nous occuper sont les seules méthodes possibles sur les sept lignes majeures d'énergie que les types des différents rayons vont appliquer à ces six stades du processus de construction. Tous les disciples des sept rayons utilisent la même technique de construction : Intention, Visualisation, Projection, Invocation et Évocation, Stabilisation et Résurrection. Parmi celles-ci les deux premières ont une technique identique pour tous les rayons ; mais, quand on atteint le stade de Projection, alors les techniques des rayons commencent à différer, et ce sont ces techniques ou méthodes de travail de rayon, associées aux sept Mots de Pouvoir, que nous allons maintenant examiner.

Les sept Méthodes de Rayon utilisées dans le processus de Construction

Jusqu'au stade de projection, les méthodes employées sont identiques pour tous les disciples de tous les rayons. Leur intention est une, et ils doivent tous parvenir à la même mesure de tension et de préparation pour la construction du pont, en rassemblant l'énergie nécessaire à partir de deux sources – la personnalité et l'âme. Par cette focalisation et par la tension qui en résulte, évoquant ainsi la Triade spirituelle et instaurant le double processus de construction du pont par les deux bouts (s'il est possible et permis d'employer une telle expression), le travail progresse uniformément. Il est alors fait appel à l'utilisation de l'imagination créatrice et cela constitue le deuxième stade. Celle-ci [502] présente une réelle difficulté pour les aspirants des premier et septième rayons. Aucun de ces deux types ne peut, avec facilité, organiser l'énergie matérielle, orienter les courants d'énergie et voir clairement, par l'imagination, son objectif dans l'œil du mental. C'est un processus qui est profondément difficile pour eux. Néanmoins, d'une façon ou d'une autre, il faut que ce soit fait, car l'utilisation de l'imagination visuelle est un fait essentiel de la méthode de construction et l'un des moyens majeurs de se focaliser avant la projection.

Ce processus de projection comporte trois activités principales :

1. Après s'être dûment focalisé et après s'être représenté le "pont arc-en-ciel" avec soin, successivement et systématiquement, le disciple, par un effort distinct et séparé, fait appel à l'aspect volonté de sa nature autant qu'il le peut dans cette incarnation. C'est à ce stade que les différentes méthodes de rayon font leur apparition, la différence étant déterminée par la caractéristique de la vie de rayon.

2. Le disciple doit maintenir fermement la triple conscience de lui-même, non seulement théoriquement mais aussi en fait, de sorte que trois lignes parallèles de pensée, ou trois courants d'énergie active, sont utilisés par lui simultanément.

a. Il a conscience de lui-même, personnalité et âme, occupé au processus de construction du pont. Il ne perd jamais, même une seconde, le sens de son identité consciente.

b. Il est conscient du point de tension focalisée qu'il a réussi à atteindre et de ce que trois courants d'énergie y ont contribué : l'énergie focalisée de la personnalité, située dans le mental inférieur concret, l'énergie magnétique affluente de l'âme, jaillissant des douze pétales en trois rangées, auxquelles s'ajoute la rangée la plus centrale du lotus égoïque, et l'énergie du "joyau dans le lotus". Ces énergies pénètrent toutes à flots dans le centre de tension situé sur les niveaux mentaux du mental inférieur.

c. Il perçoit autant de la conscience de son énergie de rayon, qu'il peut en pénétrer dans sa perception ; il s'agit de l'énergie de son rayon égoïque et non de la force de sa personnalité. Il s'efforce de s'imaginer tel un point d'énergie particulière colorée par sa vie de [503] rayon, et il garde soigneusement à l'esprit le fait que l'énergie de son rayon égoïque est l'énergie majeure par laquelle la Monade s'efforce de s'exprimer, et aussi que son véhicule égoïque triple est un reflet des trois aspects de la Triade spirituelle et lui est étroitement rattachée. C'est cette relation (son action réciproque et son effet conscients) qui est évoquée par la construction du pont, et qui finalement (lorsqu'elle est assez forte) suscite la radieuse activité du "joyau dans le lotus".

3. Quand ces trois stades de réalisation ont été accomplis – dans toute la mesure où le disciple sent qu'il en est capable – alors, et seulement alors, il se prépare à l'utilisation particulière de sa méthode de rayon en vue de la projection du son, ou Mot de Pouvoir.

Vous pouvez voir, d'après ce qui précède, que cela constitue un processus obéissant à un plan précis, de nature fondamentalement scientifique, qu'il faut suivre aussi soigneusement qu'une méthode de l'homme de science à la recherche d'une formule chimique d'avant-garde. La seule différence, du point de vue scientifique, est que tout le processus se déroule sur les plans subjectifs et dans le domaine de la conscience, ce qui demande une conscience et une concentration qui ne sont pas nécessaires lorsqu'on travaille plus tangiblement sur le niveau extérieur de perception. Au début, cela paraît compliqué lorsque le disciple s'efforce de maîtriser les différents stades du processus, mais cela devient entièrement automatique quand ils sont maîtrisés. Voici un résumé du processus jusqu'au point de véritable projection :

I Intention, produisant focalisation et tension.

II. Visualisation, produite par :

1. L'activité bouddhique d'impression.

2. La tension du corps mental.

3. Les processus imaginatifs du corps astral.

III. Projection :

1. L'appel fait à l'aspect Volonté.

2. Le maintien d'un triple état de conscience, afin que :

a. Le disciple ait constamment conscience de son identité. [504]

b. Il est conscient d'un point fixe de tension.

c. Il est activement conscient du rayon de son âme, ou énergie de l'âme.

3. Il commence à utiliser cette énergie de rayon particulière correctement.

4. Quand tout ce qui précède est accompli, il emploie le Mot de Pouvoir qui est l'agent de sa Volonté.

Ce bref tableau devrait aider au processus, et vous pouvez voir comment un stade en engendre un autre et comment, lorsque l'habitude est établie, il devrait être possible d'exécuter rapidement le travail préliminaire.

Néanmoins, quand le moment est venu d'utiliser avec précision les méthodes particulières d'énergie de rayon du disciple, ce n'est pas aussi simple que cela paraît. La réussite du processus de construction dépend de l'aptitude du disciple à faire trois choses :

1. Maintenir le mental stable dans la lumière. C’est-à-dire maintenir le point de tension au point le plus élevé qu'il puisse atteindre à tel ou tel moment de son développement et de son activité constructrice.

2. Enregistrer la conscience du contact de l'âme, provoquant ainsi une fusion croissante entre l'âme et la personnalité de sorte que, de plus en plus, l'unification complète soit atteinte. Techniquement, cela signifie que l'énergie du rayon de l'âme et celle du rayon de la personnalité se fondent, le rayon de l'âme dominant toujours.

3. Garder à l'esprit, spécifiquement et en détail, la méthode qu'il faut employer pour construire le pont selon la technique particulière de rayon, et en vue de relier (de manière nouvelle et significative, en fait et pas seulement en théorie) la Triade spirituelle et la personnalité.

L'âme, en conséquence, en tant qu'entité séparée, disparaît lentement ; elle est absorbée par la personnalité qui, de plus en plus, devient l'âme en incarnation. Finalement, la relation est établie entre l'esprit [505] (Monade) et la personnalité (forme ou matière), un point minuscule de conscience demeurant éternellement présent et percevant ces deux facteurs tout en maintenant inviolée sa propre identité. Cette dernière réalisation est le résultat de siècles de travail exécuté par l'âme. Paradoxalement nous disons que l'âme disparaît ; cependant, en dernière analyse, elle demeure, car dans notre système solaire il n'y a rien d'autre que cette conscience d'être.

Je souhaite aborder ici une question avant d'étudier les méthodes de projection selon les sept rayons. Le pont à construire est souvent appelé "pont arc-en-ciel" car il est constitué par les couleurs des sept rayons. Pour m'exprimer spécifiquement et du point de vue du disciple, je dirais que le pont qu'il construit entre la personnalité et la Triade spirituelle est composé de sept fils d'énergie ou sept courants de force. Il utilise les sept rayons, ayant acquis la facilité de le faire, car bien des fois (dans le long cycle d'incarnations) sa personnalité s'est trouvée sur l'un des sept rayons. Mais le rayon de son âme domine en fin de compte et, dans le pont arc-en-ciel "on entend vibrer la couleur de ses rayons ; la note de son rayon est vue". Le pont construit par l'humanité dans son ensemble est un pont unique, composé de la multiplicité des ponts individuels, construits par de nombreux disciples. Il est donc constitué finalement de sept fils ou courants d'énergie venant des sept groupes égoïques, un groupe pour chaque type de rayon. Tous les êtres humains, ayant atteint le stade du contact de l'âme, contribuent à ce pont par leur travail créateur. Les fils de lumière dominants chez chacun fusionnent en un tout, et les fils secondaires disparaissent dans la lumière radieuse du pont septuple que l'humanité terminera un jour.

Même dans ce pont finalement parachevé – à la fin du cycle mondial – un rayon dominera par sa lumière et sa couleur, le deuxième rayon avec le quatrième rayon comme rayon subsidiaire. Le quatrième rayon pourrait être nommé symboliquement "le câble principal" pour l'humanité de la quatrième Hiérarchie Créatrice. Abordons maintenant une à une les sept méthodes de rayon. [506]

Pendant que nous examinerons ces sept techniques de rayon et les Mots de Pouvoir qui les accompagnent, il vous faudra garder soigneusement à l'esprit le fait que nous traitons exclusivement de l'aspect Volonté. Celui-ci nécessite un processus d'alignement plus élevé et l'évocation d'un aspect divin resté jusque là relativement en repos sauf dans la mesure où la volonté trouve son reflet dans l'activité des pétales de sacrifice du lotus égoïque, auquel s'ajoute son ombre déformée dans le mental. Ceci, en conséquence, suppose un stade assez élevé de développement spirituel de la part du constructeur de l'antahkarana et signifie qu'il y a (au minimum) des indications de cet alignement entre le mental, les pétales de sacrifice et le principe atmique. Il peut s'agir seulement du fil le plus ténu que l'on puisse imaginer, mille fois plus fin qu'un fil d'araignée, mais il doit inévitablement être présent. Quand, du point de vue de l'ésotériste, ce fait est tangible, vous aurez le contact direct suivant :

Lorsque ce contact est parachevé, il marque une unité entière de travail spirituel, si je puis m'exprimer ainsi, amenant l'homme sur le plan physique dans un alignement complet. Cette unité est consommée lors de la quatrième initiation, la Grande Renonciation, moment où le premier aspect commence à dominer les deux autres. La vie de l'âme [507] – telle qu'elle est comprise jusque là – se dissipe et le corps causal disparaît. La totalité de la mémoire, caractéristiques et acquisitions, est alors absorbée dans la Monade. Les mots "Mon Père et moi sommes un" deviennent vrais. Le corps astral disparaît aussi dans le même grand processus de renonciation, et le corps physique (en tant qu'agent automatique du corps vital) n'est plus nécessaire, bien qu'il persiste et ait son utilité lorsque la Monade l'exige. À partir de l'aspect forme, vous avez alors la Monade, la zone de la Triade spirituelle et le corps éthérique sur le plan physique. Je voudrais vous rappeler ici que les niveaux d'existence consciente que nous considérons comme sans formes, ne le sont que relativement, car nos sept plans sont les sept sous-plans du plan physique cosmique. Lorsque ce point de réalisation est atteint, le centre de conscience est dans la partie Volonté de notre nature et non plus dans la partie Amour. L'activité et l'amour sont toujours présents dans toute leur mesure, mais la focalisation de l'attention de l'initié est dans l'aspect Volonté de la divinité.

Il est dit, dans un livre ancien appartenant aux Archives des Maîtres, que : "Le maintien des valeurs est la tâche de l'initié de premier rayon ; l'obtention de la positivité est le but de l'initié de deuxième rayon.

Celui qui travaille sur le troisième rayon doit atteindre le sentier menant de l'un à l'autre.

L'initié de quatrième rayon arrive à l'aspect volonté quand le conflit trouve sa juste place et ne cause nul souci. Ces quatre réalisations marquent le but des hommes et les conduisent tous à se retrouver au point inférieur de conscience. Le rayon de vision et d'application indique la voie directe, évoque la volonté de suivre, et soude l'amour de Dieu, l'amour de l'homme et de tout ce qui respire, au dessein sous-jacent à tout ce qui est ; pour parvenir à ce dessein et à sa consommation sur terre le septième rayon donne tout ce qu'il possède."

Cela n'a pas été facile de formuler ces idées abstruses, exprimées dans le langage et le symbolisme les plus archaïques, en termes modernes. Je n'ai fait que communiquer l'idée générale, la collaboration des sept rayons dans le processus de construction de la divinité, et le plan [508] de leur interaction à une échelle minuscule, infinitésimale, comparée au grand Tout. L'homme répond à l'intérieur du cercle de l'humanité englobé dans le cercle plus grand de la Hiérarchie, et il devient conscient de cette fusion ; il utilise la puissance des deux groupes de vies, par le moyen de l'antahkarana. Dès que le disciple approche le point de conscience et que l'antahkarana est fermement ancré (même s'il n'est encore qu'une structure ténue), il prend conscience du facteur du plus grand cercle qui englobe les deux autres : Shamballa, le Lieu Secret, où la volonté de Dieu est formulée pour le présent immédiat et pour l'avenir lointain.

Avec cette vision et la suggestion de ce préambule, précisons maintenant les sept techniques qu'il faut employer dans le stade de projection du processus de construction.

Premier rayon – Volonté ou Pouvoir

Pour comprendre la technique du premier rayon, il faut saisir la caractéristique de base de ce rayon. Il est dynamique. Le point au centre est le Premier Rayon, celui de Pouvoir, et sa technique n'est jamais de se déplacer à partir de ce centre, mais de travailler dynamiquement à partir de ce point. C'est peut-être le mot Inspiration qui exprimerait le mieux son mode de travail. Le Père inspire une réponse à l'aspect matériel, ou à la Mère si vous préférez ce symbolisme, mais il l'accomplit en restant immuablement lui-même. Du point où il se trouve, le Constructeur (humain ou divin) travaille, non par la loi d'Attraction comme le fait le deuxième rayon, mais par la loi de Synthèse, par un décret de la volonté, basé sur un programme et un dessein clairement formulés. Vous voyez donc que la personnalité de premier rayon doit vérifier (en fait, comme tous les disciples) son aspect de rayon particulier. Il n'est possible pour aucun disciple, n'ayant pas pris la troisième initiation, de vérifier son rayon monadique, mais tout disciple construisant l'antahkarana, et parvenu au stade de la projection, devrait connaître le rayon de son âme et le rayon de sa personnalité, et se souvenir que leur puissance fusionnée et unifiée doit accomplir l'acte de projection. L'énergie de la Monade peut être évoquée ; il s'ensuit la descente d'un flux d'énergie [509] vers son agent d'exécution, ce qui n'est pas un acte de projection véritable. L'acte de projection est le travail de "l'ombre et du reflet". L'Ancien Commentaire, lorsqu'il parle du Mot de Pouvoir pour chaque rayon, dit à ce sujet :

"Quand il n'y a pas d'ombre car le Soleil est clair, et pas de reflet car l'eau n'existe plus, alors il ne reste rien que celui qui subsiste, dirigeant des yeux la vie et la forme. L'ombre triple est maintenant une. Les trois du soi n'existent plus. Les trois supérieurs descendent, et les neuf, dans leur totalité, sont un. Attendez que vienne ce moment."

Donc, quand le rayon de l'âme domine le rayon de la personnalité, le soi devient alors l'agent d'exécution aidé par le rayon du soi inférieur. Les rayons des trois véhicules ne sont plus actifs, mais seule demeure la dualité de base de l'âme et de la personnalité, et il n'y a pas de différenciation mineure.

Lors de l'examen de ces sept rayons, je cherche dans chaque cas à faire trois choses :

1. Donner la technique de projection. Celle-ci se divise en quatre phases :

a. Le stade préparatoire où la conscience se focalise dans le rayon de l'âme.

b. Un intermède où l'agent de projection réalise avec intensité l'existence du "point de tension" et du produit fini du processus de visualisation.

c. Une activité focalisée de la volonté, selon le rayon, dans laquelle une ligne de lumière ou de substance vivante est projetée, de manière imaginative et créatrice, à partir de l'unité mentale – projetée aussi loin que possible en direction de la Triade spirituelle, en utilisant constamment l'imagination créatrice.

d. Cette ligne de lumière (ce fil ou pont) est vue comme colorée par les qualités des deux rayons et alignée de façon stable dans la lumière de la Triade spirituelle, non dans la lumière de l'âme. Ceci correspond au stade très antérieur de développement où le mental était maintenu stable dans la lumière. Le mental est encore maintenu de cette manière, mais le mental (en tant qu'agent de [510] l'âme et de la personnalité) n'est plus en repos, mais il devient lui-même un agent actif de maintien.

2. Indiquer brièvement l'effet du Mot de Pouvoir. Lorsqu'il a atteint une stabilité adéquate, le disciple énonce un Mot de Pouvoir qui sert à porter la lumière encore plus haut et plus loin. Lorsqu'il est correctement énoncé, ce Mot de Pouvoir produit trois effets :

a. Il maintient libre de toute entrave le canal que doit suivre la lumière descendant de la Triade spirituelle.

b. Il atteint – par son activité vibratoire – le centre de pouvoir, que nous appelons la Triade spirituelle, focalisé temporairement dans l'atome permanent manasique, et évoque une réponse sous forme de fil descendant de lumière de la Triade.

c. Il provoque une vibration dans tout l'antahkarana qui, à son tour, suscite une réponse du pont arc-en-ciel construit par tous les autres disciples, ce qui aide au travail de construction de l'antahkarana de l'humanité.

Je fais ici deux choses, vous parlant en symboles. Littéralement, il n'y a ni haut ni bas, ni supérieur ni inférieur, comme vous le savez, et les actions séparatives décrites par les sciences occultes n'existent pas. Cependant, il faut que la vérité soit présentée ainsi, compte tenu de la conscience mentale du disciple. Je vous ai aussi donné en termes humains les grandes lignes d'un processus qui, s'il est observé correctement, vous permettra de faire de véritables progrès dans la compréhension préparatoire nécessaire à tous ceux qui espèrent un jour prendre l'initiation.

3. Ceci nous amène au troisième point, la nature de l'initiation. L'initiation comporte, en vérité, trois expansions majeures de conscience.

a. L'expansion de conscience de la personnalité consacrée rejoignant la conscience de l'âme, ce qui est totalement consommé à la troisième initiation.

b. L'expansion de cette conscience fusionnée et unifiée jusqu'à [511] celle de la Triade spirituelle, ce qui est totalement consommé à la cinquième initiation.

c. L'expansion de conscience à laquelle les Maîtres travaillent, qui est consommée à la septième initiation.

Aujourd'hui, les étudiants ont fait de tels progrès dans le sens de la maîtrise de la personnalité, et les disciples sont si nombreux dans le monde, que l'accent hiérarchique se porte sur les états de conscience qui suivent la troisième initiation.

C'est pourquoi l'enseignement sur l'antahkarana est donné au public.

Ci-dessous vous trouverez, sous forme de tableau, l'enseignement relatif aux six stades, afin de vous permettre d'avoir une image de la méthode prévue. L'observance de la méthode est naturellement une autre question, et la réussite ne dépend pas seulement de sa compréhension théorique. Elle dépend de votre aptitude à vivre plus nettement qu'auparavant dans le monde de l'âme, de votre connaissance de vos rayons de l'âme et de la personnalité, et de votre faculté de vous focaliser dans votre conscience unifiée et, à partir de ce point – en maintenant le mental stable dans la lumière – d'énoncer le Mot de Pouvoir qui transportera le fil de lumière que vous avez créé vers la Triade spirituelle.

Schéma de Réflexion Contemplative sur la Construction de l'Antahkarana

I. Ce qu'il faut garder à l'esprit.

Ce travail de construction concerne le maniement de l'énergie. Les étudiants devraient réfléchir à la distinction entre l'énergie et la force.

Il dépend de l'utilisation de l'imagination créatrice. Les étudiants feraient bien de réfléchir à la relation entre l'imagination et l'intuition, ainsi qu'à la relation de ces deux facteurs avec le mental.

Le travail de construction de l'antahkarana doit être fait avec autant de compréhension consciente que possible. [512]

II. Les six stades ou méthodes de construction de l'antahkarana.

1. Intention.

a. L'obtention d'une juste orientation.

Vers l'âme.

Vers la Triade spirituelle.

b. La compréhension mentale du travail à exécuter est nécessaire.

c. Un cercle infranchissable d'énergies rassemblées consciemment doit être créé et maintenu en état de tension.

d. L'effort pour obtenir un moment de pensée claire concernant ce processus d'Intention.

e. Suit alors le maintien d'un point de tension.

2. Visualisation.

a. Utilisation de l'imagination créatrice ou faculté de créer des images.

b. Réaction à l'impression intuitionnelle ou bouddhique.

c. Attention portée à deux énergies :

L'énergie maintenue à un point de tension, à l'intérieur du cercle infranchissable créé antérieurement.

L'énergie active créatrice d'images mise en action par le mental du constructeur.

3. Projection.

a. L'appel fait à la volonté par la méthode appropriée au rayon du disciple, le rayon de l'âme.

b. Le maintien simultané de trois lignes de pensée : Conscience de la personnalité et de l'âme fusionnées. Conscience du point de tension focalisée.

Conscience de l'énergie de rayon sous son aspect volonté.

c. Utilisation de l'une ou l'autre des sept méthodes de projection de rayon, selon le rayon du disciple.

d. Utilisation d'un Mot de Pouvoir.

4. Invocation et Évocation.

a. L'âme et la personnalité fusionnées sont maintenant invocatrices, et leur intention unifiée est exprimée dans les trois stades précédents. [513]

b. Une réponse vient alors de la Triade spirituelle, évoquée par cette intention, propulsée par un acte de la volonté venant d'un point de tension.

5. Stabilisation.

Ceci est obtenu par une utilisation longue et patiente des quatre processus précédents, suivie d'une utilisation consciente de l'antahkarana.

6. Résurrection et Ascension.

C'est la conscience qui échappe aux limitations de l'âme et de la personnalité (du point de vue de la Monade) et passe dans la conscience de la Triade spirituelle.

Je souhaite ici aborder une question importante, concernant tous les Mots de Pouvoir. Je pourrais vous donner ces derniers sous leur ancienne forme Sensar, mais il ne me serait pas possible, par le moyen de l'écriture, d'enseigner leur prononciation ancienne et particulière, ni la note sur laquelle ils doivent être énoncés. Autrefois, cela était considéré très important. Aujourd'hui, on enseigne aux disciples à travailler beaucoup plus sur les plans intérieurs de signification et de ne pas dépendre, comme auparavant, de l'activité extérieure du son. Rappelez- vous que, maintenant, vous ne créez pas sur le plan extérieur. Les sons physiques sont donc relativement sans importance. Ce qui importe c'est l'aptitude du disciple à sentir la signification du Mot de Pouvoir lorsqu'il le prononce silencieusement. C'est la qualité de son idée qui amènera l'effet juste, et non la manière dont il produit un son à l'aide de ses cordes vocales et de sa bouche. On a enseigné aux étudiants que le A.U.M., énoncé silencieusement et écouté, a une plus grande puissance que lorsqu'il est émis de manière audible. Cela préparait l'énonciation de ces mots de Pouvoir. Ils ont appris la signification du O.M., même s'ils ne s'en sont pas rendu compte. Tout cela préparait à l'utilisation des Mots de Rayon. C'est la pensée derrière la forme, la sensibilité enregistrée concernant ces mots, et la compréhension de leur signification qui sont importantes. C'est l'aptitude à penser, à sentir et à lancer silencieusement l'appel de qualité à qualité, de signification à signification, de nature à nature, de forme à esprit qui importe, se souvenant toujours que ce qui se trouve sur le plan physique n'est pas un principe. Le son physique n'est pas ce qui conduira à la réussite dans la construction de [514] l'antahkarana. C'est la qualité d'un type particulier de nature subjective (le rayon de l'âme dominant le rayon de la personnalité) qui attire ce qui est encore plus subjectif ; c'est cela, en vérité, qui accomplit le travail. Il faut se souvenir que, du point de vue de la Triade spirituelle, l'âme est de nature nettement objective. Ceci est l'affirmation d'un fait occulte qui sera mieux compris quand la nature de l'homme (telle que l'enseignent les sciences occultes) sera admise par les penseurs, les hommes de science, et les psychologues.

Le point que je désire faire comprendre est que je ne vais donner aucun mot particulier, car ce serait inutile. Le O.M. est inutile pour la plupart des gens, même si des étudiants entraînés en tirent maintenant bénéfice. Cette inutilité générale vient non seulement de ce que les gens n'utilisent pas le Mot correctement, mais aussi de ce que, même lorsqu'ils l'emploient, ils ne maintiennent pas sa signification fermement dans leur conscience. Il en va de même d'un Mot de Pouvoir. À quoi cela servirait-il que j'essaie de donner le Mot du premier rayon, qui se présente à peu près ainsi UKRTAPKLSTI, lorsqu'on le présente sous sa forme symbolique écrite ? Certains sons sous cette forme écrite sont omis, car il n'existe aucune manière de les énoncer, puisqu'ils ne sont ni voyelles ni consonnes. Lorsqu'on le fait résonner correctement, le mot ci-dessus forme trois mots. Mais je peux donner, dans la mesure du possible, le sens équivalent en anglais, et c'est ce sens que je vous demande de garder à l'esprit quand vous énoncez mentalement le son ou Mot de Pouvoir, et vous efforcez de l'imaginer visuellement accomplissant le miracle ésotérique de la construction du pont.

Le disciple de premier rayon doit donc faire face à ces exigences, de son mieux, et suivre les quatre stades de la technique de projection. Quand il a fidèlement suivi ce schéma, la fusion de l'âme et de la personnalité doit être tentée consciemment et obtenue dans une certaine mesure, et ces facteurs unifiés doivent être maintenus stables dans la lumière de la Triade. Un autre point d'intention focalisée est alors engendré, provoquant une tension nouvelle et encore plus dynamique. Dans le silence complet qui s'ensuit, l'acte de projection de l'antahkarana est accompli ; il est alors porté en avant sur l'impulsion du Mot de [515] Pouvoir. Le symbolisme associé à ceci est sous-jacent dans l'emploi, en maçonnerie, des mots auxquels on pourrait donner le sens suivant : "Qu'il en soit ainsi" prononcés la main droite tendue en avant exprimant la volonté incarnée de la Loge, elle-même symbole de la Volonté et du Dessein du Tout-Puissant.

La signification du Mot de Pouvoir, devant être utilisé à ce point de l'accomplissement de la projection, pourrait se résumer par les mots : "J'AFFIRME LE FAIT." Ceci est la forme la plus proche que je puisse vous donner, correspondant au mot précédemment cité. Une petite réflexion sur ces mots révélera que, s'ils sont énoncés avec une compréhension de leur sens, ils sont d'une énorme puissance. Le disciple qui les énonce admet, puis affirme que :

1. La Triade spirituelle est un fait.

2. La relation entre la personnalité fusionnée et unifiée, et l'âme, est un fait.

3. L'antahkarana est aussi un fait.

4. Les deux expressions de la dualité fondamentale de la manifestation – personnalité ou forme, et Monade ou Esprit – est un fait.

5. La volonté de la Monade est le facteur à évoquer.

6. On peut s'en remettre à Celui qui sait, et dont le dessein est ferme, pour prendre contact avec l'instrument de sa volonté sur le plan physique.

7. Le travail est fait.

Cette attitude d'admettre comme un fait n'est pas la foi, mais la connaissance et la conviction ; c'est à cette conviction, obtenue par lui, que le disciple s'en remet ; c'est sur elle qu'il s'appuie, selon elle qu'il agit. Cela devient une attitude inaltérable et inchangeable. La signification de cette affirmation septuple deviendra plus claire si le disciple réfléchit à la différence entre la foi et la conviction. C'est cette assertion divine qui maintient l'existence de l'univers ; c'est cette assertion divine qui est le résumé incarné de toute connaissance et de tout amour, et le disciple de premier rayon doit commencer à utiliser cette technique, en s'appuyant sur sa prérogative divine d'assertion. Réfléchissez à cette [516] déclaration. C'est la technique de Shamballa et le droit établi, la prérogative et le privilège de toutes les âmes de premier rayon.

Deuxième Rayon – Amour-Sagesse

De nouveau, les deux premiers stades, l'Intention et la Visualisation, ont été soigneusement suivis, et les quatre stades de la Projection ont été conduits jusqu'à leur point le plus élevé. La vive lumière de l'âme de deuxième rayon (la plus vive, dans ce système solaire de deuxième rayon) domine la lumière de la forme et rayonne jusqu'à la lumière de la Triade. Vient alors un moment de concentration intense, et le Mot de Pouvoir particulier au deuxième rayon est énoncé. Le double symbole de ce mot, SXPRULXS, prend forme dans le mental du disciple et signifie l'assertion : "JE VOIS LA PLUS GRANDE LUMIERE." Cette affirmation a une relation avec le Soleil Spirituel Central, et non avec le Cœur du Soleil ; elle implique, si je puis m'exprimer ainsi, l'effort le plus intense pour voir, dans la lumière, la relation du tout, et c'est l'une des expériences les plus puissantes auxquelles le disciple puisse être soumis. Ce n'est pas la vision, ni même l'aspiration à la vision. C'est la vue totale, et le symbole maçonnique exprimant ceci est l' "Œil de Dieu", l' "Œil qui Voit Tout". Cela implique une réalisation de la lumière de l'expression divine ; la lumière de l'âme en est le pâle reflet. Le disciple a appris la signification de la lumière solaire et de la lumière lunaire (lumières de l'âme et de la forme), mais ceci est quelque chose de différent. C'est la grande lumière qui cache la réalité même, révélant le fait de la Voie Illuminée supérieure, conduisant au Nirvana ; la projection de l'antahkarana en est le premier stade saisi consciemment par le disciple.

Il m'est difficile de vous rendre clairs ces Mots de Pouvoir car, essentiellement, c'est le Mot fait chair ou l'âme en incarnation qui, à ce point, enregistre le pouvoir ; c'est le symbole (l'aspect forme) et le pouvoir (l'aspect Esprit) qui agissent en tant que grand agent créateur et jettent un pont par-dessus toutes les barrières et tous les états de conscience séparatifs, établissant ainsi l'unité complète.

Je vous ai indiqué certaines voyelles et consonnes qui sont ce que [517] j'ai pu trouver de plus proche pour vous rendre ces Mots clairs ; je l'ai fait pour le premier et le deuxième rayon. Je ne le ferai pas pour d'autres, car c'est tout à fait inutile. Je ne vous donnerai que les significations, les concepts impliqués et le sens qu'incarnent ces formes verbales archaïques (que j'ai essayé de vous représenter en lettres latines). À mesure que l'humanité pénétrera de plus en plus dans le monde de l'âme, ces formes verbales prendront de moins en moins d'importance, et seule la pensée concentrée, basée sur la bonne compréhension, pourra obtenir des résultats. C'est dans cette forme de travail quelque peu nouvelle que nous entrons en pionniers.

Troisième Rayon – Intelligence active

Les processus d'Intention et de Visualisation ont été suivis, et de nouveau les quatre stades de la technique de Projection sont exécutés.