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Fête de Wesak - Allocution 2010 Genève

Souverain qui abaissa son regard

Bonjour et bienvenue à tous. Nous sommes ensemble en collaboration avec les autres groupes qui se réunissent dans le monde pour célébrer la Fête de Wesak, la Fête du Bouddha, point culminant de l'année spirituelle.

La durée de cette Fête couvre cinq jours, les deux jours qui précèdent la pleine lune sont connus comme les Journées de Renonciation et de Détachement. Le jour de la fête elle même est connu sous le nom de "Journée de Sauvegarde" suivi par deux jours dits de Distribution. Pendant cette période de cinq jours nous avons juste à consacrer notre conscience en un accord silencieux et intense au service de l'humanité. Puis, à la fin de la méditation, nous partirons paisiblement et maintiendrons la tension spirituelle générée par notre groupe de méditation ainsi parée pour la " journée de sauvegarde" de ce mercredi 28 avril.

Nous aménagerons dans notre conscience une place protégée, reliée consciemment au travail de méditation en cours. Un des aspects-clé de la vie du disciple occidental est d'être capable de vivre la vie de l'esprit dans la tourmente d'une vie externe active et agitée. Telle est la double vie du disciple.

Le jour même de la Fête, nous avons simplement à servir de réservoir à la force spirituelle affluente. Lors de Wesak, les Forces d'Illumination sont dirigées vers le monde par un passage dégagé par l’ensemble du groupe ésotérique auquel nous pouvons tous contribuer. Prendre part à cette fête offre l’opportunité de nous servir de l’imagination en toute liberté.

Prenons un moment pour imaginer silencieusement le potentiel de ce canal et notre relation en coopération avec la Hiérarchie au nom de l’humanité.

Disons ensemble le Gayatri :

O Toi, qui soutiens l'Univers,

De qui toutes choses procèdent,

Auquel toutes choses retournent,

Dévoile-nous la face du véritable soleil spirituel,

Caché par un disque de lumière dorée,

Afin que nous puissions connaître la vérité,

Et accomplir tout notre devoir,

Alors que nous cheminons vers Tes pieds sacrés.

Pour la Fête du Wesak, l'idée d'un canal formé par le groupe est fondamentale, c'est, non pas la commémoration d’un fait historique passé, mais, le vivre cyclique d'un événement actuel, vivant qui prend place chaque année selon la légende dans une vallée lointaine de l’Himalaya. Bon nombre d’entre nous sont si familiers à ce rituel annuel que nous n'entrerons pas dans les détails pour seulement souligner l’opportunité qui est essentielle.

Lors de cette Fête et, au moment précis de la pleine lune du Taureau, un passage est créé parmi certains grands Etres qui veillent sur notre planète et, l'humanité. Ils travaillent avec les Maîtres de la Sagesse et leurs représentants, Bouddha et le Christ pour étendre cette percée jusqu’au sein même de l'humanité grâce à la coopération du Nouveau Groupe des Serviteurs du Monde.

Là, le Bouddha focalise en lui les forces spirituelles descendantes tandis que le Christ focalise la demande et l'aspiration spirituelle de la planète entière. Le grand facteur inconnu est le Nouveau Groupe des Serviteurs du Monde. La coopération de ces serviteurs est essentielle car ils servent de médiateurs entre la Hiérarchie Spirituelle et l'humanité. Ils jouent leur rôle en canalisant l’énergie de manière impersonnelle, et ce flux sacré devient l'espérance de justes relations possibles pour enfin être en mesure de laisser émerger les solutions pour répondre aux réels besoins humains et de la planète entière.

Pour la Hiérarchie, la préparation à l'événement du Wesak débute quand le soleil commence à aller vers le nord, et qu'il se déplace, fin décembre, en Capricorne. Ainsi le moment le plus sacré de l'année spirituelle est la culmination d'un travail commencé et achevé dans des signes de terre : Capricorne et Taureau. Le Capricorne marque l'achèvement de l'initiation dans la matière la plus dense symbolisé par le mythe ancien et profond du Dieu Soleil atteignant la terre avec la note-clé Je suis perdu dans la lumière suprême et je tourne le dos à cette lumière ».

Le Taureau gouverne le règne minéral et il est dit que, si nous pouvions comprendre l'histoire du cristal de roche nous pénètrerions naturellement dans la gloire de Dieu. Le diamant - secret du monde minéral - renvoie parfaitement l’éclat, car la note clé du Taureau affirme “ Je vois, et quand l'œil est ouvert tout est lumière”.

Celui qui est complètement intégré à son environnement et qui possède un mécanisme de réponse à toutes les facettes de l'expression divine en manifestation est appelé "le diamant de l'âme", le véritable être illuminé renvoyant la lumière telle quelle. L'œil du Bouddha ou « l'œil de diamant » réfléchit une symbolique entre l'œil et le Taureau qui fonce en avant... portant la lumière dans son « œil fixé sur l'objectif » car la lumière plonge et se diffuse dans la tête de l'être humain spirituellement éveillé tel un diamant parfaitement taillé.

Bouddha serait né lors de la pleine lune du Taureau ; il y aurait accompli son illumination, puis serait mort toujours lors de la pleine lune du Taureau. Un sens profond accompagne les énergies et les opportunités possibles dans ce signe. En Taureau, la lutte cosmique, planétaire et individuelle est puissante car le désir est la force qui caractérise la recherche de réponses ; la lutte peut transformer le désir en aspiration puis en intention pure, jusqu’à la volonté de réaliser.

L’élément essentiel de Wesak est la coopération de Bouddha avec "son frère" le Christ pour l'humanité. Bouddha, en tant que représentant de Shamballa, le centre spirituel le plus élevé de notre système solaire, centre où la Volonté de Dieu est connue, focalise en lui les énergies affluentes de Shamballa et, revient sur notre planète par un grand dévouement pour que ces énergies puissent vraiment atteindre notre sphère planétaire. Le Christ, en tant que représentant de la Hiérarchie, concentre en son être l'aspiration et les efforts spirituels de l'humanité entière et, agit comme récepteur des énergies apportées par Bouddha, les maintenant en lui jusqu'à ce qu'elles puissent être distribuées au moment de la Fête de l'humanité lors de la pleine lune de juin, soit la Journée Mondiale de l’Invocation.

Ainsi, le pôle majeur de Wesak est la réalité d’une vraie collaboration entre deux grands Maîtres, celui de l'Occident et celui de l'Orient. C’est une coopération spirituelle très étroite et la production effective d'un alignement spirituel au nom de l'humanité.

Le Bouddha et le Christ sont des avatars qui reflètent un principe cosmique ou encore une qualité et une énergie divine écartant un nouveau voile en vue d’une plus grande percée de lumière. Un avatar résulte toujours d'une demande de l'humanité et démontre qu'il existe au sein de l'humanité une part divine qui reconnaît cette aide suprême lorsqu'elle vient. Un avatar divin humain, tel que Bouddha ou le Christ, incarne très profondément l'essence de l'humanité jusque dans ses origines et ses objectifs spirituels et permet l’ancrage premier d’un nouvel attribut divin pour que toute l’humanité puisse aborder un nouveau pas dans le service envers l’ensemble.

Le Christ et le Bouddha offraient une compréhension et une compassion inclusives associées à une vision claire du mental et du cœur et ceci fait que leurs enseignements attirent universellement les peuples au-delà de ceux de leur propre pays ou des adeptes des religions qu'ils ont initiées.

Tous deux vinrent pour servir l'humanité entière alors qu’ils étaient nés dans des traditions religieuses (l'Hindouisme et le Judaïsme) en voie de cristallisation, étouffées par les rituels, vidées de l’essence spirituelle où l'observation des lois initialement prévues pour conduire à la pureté, ont fini par devenir des murs séparateurs vis à vis du reste de l'humanité. Mur séparateur entre les Pharisiens de la tradition juive et les gentils, entre les Brahmanes de l'Hindouisme et les autres castes. Le Christ et le Bouddha se sont rapprochés des exclus de la société, des inadaptés, des collecteurs d'impôts, des femmes déchues pour montrer que personne n'est exclu ou hors d'une possible réhabilitation spirituelle, où la pureté réside dans l'esprit et le cœur de chacun plutôt que dans un régime alimentaire, une occupation, un dogme, une croyance, un rite particulier.

Bouddha détrôna l'autorité de la caste Brahmane pour éliminer la passivité que cette structure sociale avait créée dans la masse. La masse attendait alors que les Brahmanes leur disent ce qu'il fallait faire, alors que Bouddha proposa à chaque individu de tracer lui même son propre parcours spirituel : "N'acceptez pas ce que l'on vous rapporte, n'acceptez pas la tradition, n'acceptez pas un fait parce qu'il est écrit dans un livre, ni parce qu'il est en accord avec votre croyance ou parce que c'est dit par votre enseignant. Soyez vous mêmes des lampes".

Le Bouddha et le Christ enseignèrent tous deux par paraboles, trouvant le fondement des vérités spirituelles dans l'expérience du quotidien et, en affirmant que le chercheur spirituel doit faire face à deux voies pour découvrir une même vision servant les deux voies pour recouvrer la santé. Bouddha proposait d’éviter toute spéculation à partir des doctrines théologiques mais de vivre le simple quotidien en cherchant à fondre les opposés et, par là arrêter la roue des renaissances, de la vieillesse, la mort, la souffrance et le désespoir.

L'enseignement de Bouddha est en fait expérience. Cet enseignement est salut non parce qu'il fut donné par Bouddha, mais parce qu'il offre une voie de liberté totale, où la responsabilité du salut dépend de chacun or cette santé nécessite un changement fondamental d’attitude et d’intention; le Christ compléta la pratique de Bouddha en introduisant l'âme vivante et le concept d’amour universel.

Un des aspects essentiels de l'enseignement du Bouddha est la nécessité du détachement, néanmoins d’une autre qualité que celui de l'attitude hindoue classique, négative et passive, subissant les cycles de vie. Bouddha introduisit une attitude positive et responsable par la compréhension que le désir de perpétuer toute individualité au dépens de la réalité est la source de toute souffrance.

L’esprit et la matière demeurent en paix jusqu’à ce qu’ils deviennent conjoints mais sans alignement avec la Source creusant un écart tel que la résistance mutuelle augmente et finit par causer des frictions, puis la souffrance sans possibilité de se rejoindre dans le temps et l’espace. Dans l’équilibre des pôles opposés, la voie médiane transcende souffrance et peine.

La souffrance est le signal extrême pour que chacun puisse découvrir une nouvelle compréhension, un sens revisité du monde quel qu’il soit.

Dieu ne nous inflige pas la souffrance, mais si l’humanité doit sans cesse progresser vers un nouvel état de conscience supérieur, plus affiné, afin de créer de la beauté, elle doit réveiller en elle, ou plutôt chacun a la responsabilité d’éveiller en lui, un alignement vigoureux de son être intérieur sur la Source pour recueillir à temps les signes de vie qui lui sont présentés et aborder le virage ou la bifurcation au bon moment. C’est la seule manière de passer d’initiation en initiation.

Marchant à tâtons, l’humain jusqu’ici peu aguerrit à choisir dans l’alignement, le Principe de la Souffrance et de la peine est devenu le moyen essentiel pour l’alerter dans la réalisation de projets. Dans la mesure où la souffrance nous force à chercher l’éventualité d’une meilleure alternative, nous sommes obligés de penser et de développer notre esprit de jugement et notre aptitude à discerner ; nous voilà donc poussés à reconnaître la loi de cause à effet, et ainsi de réviser notre jugement pour aller vers des solutions alternatives et de collaboration plus vraies. Pouvons-nous maintenant emprunter le chemin de la sérénité pour nous élever en conscience, avancer autrement avec la compréhension et le discernement aiguisés grâce aux expériences traversant les erreurs reconnues du passé ? Pouvons-nous ensemble envisager un changement de paradigme où la progression s’aménagerait par un apprentissage vivant dans lequel la souffrance n’a plus d’utilité à intervenir comme grand purificateur menant vers la libération ? Ce questionnement nous incite à revoir nos intentions, à nous réorienter, affermir l’alignement de notre être intérieur avec la Source où l’abondance est par essence même, sans que quiconque ait à perdre quoi que ce soit.

Pour préparer ce que Bouddha appelait "l'ère de Maitreya ", il nous invite à "cultiver un amour sans limite par la pensée. « Embrassez et inondez le monde entier avec des pensées constantes d'amour, de bonté en abondance, extensives, incommensurables comme le monde, dégagés de toute hostilité ou malveillance », disait-il. Les Forces de Lumière maintenant disponibles travaillent avec tous ceux qui aiment leurs frères humains. Ces forces transforment les esprits et le cœur de ceux qui se prennent à se visualiser ou voir leur groupe en relation d’interdépendance saine avec l'humanité entière.

Notre travail dit le Tibétain "est d'éveiller l'intérêt et de mobiliser les forces de lumière et les ressources des hommes de bonne volonté. …Mobiliser le bien en renforçant ainsi les mains de ceux qui travaillent du côté de la vertu et de l'amour" afin qu’une transformation plus générale trouvent les opportunités pour opérer avec l’assentiment raisonné et l’alignement de chacun. Notre objectif est d'aider à établir un passage clair, ouvert entre la Hiérarchie, le Nouveau Groupe des Serviteurs du Monde et l’Humanité. C’est grâce à ce passage que les guides de la race pourront toucher avec le plus grand respect la conscience des peuples et l'opinion publique qui se transformeront alors d’eux-mêmes. Ainsi l'humanité se guidera depuis l’intérieur plus nettement vers des objectifs les plus élevés et pour le bien de l’ensemble.

Aussi, travaillons-nous en méditant, sur "Laisser pénétrer la lumière" vers le règne de la pensée et du coeur humain, vers toute la planète et les règnes inférieurs avec lesquels nous partageons la destinée de cette planète.

Le désir est la force caractéristique de la nature nécessitant un alignement vivant, sain et vigoureux avec une intention focalisée donnant un effet productif pour le bien de l’ensemble. Le détachement permet un alignement meilleur du désir car il impose un rythme nouveau et plus élevé sur le cerveau qui peut alors sonder l’insondable, percer le non jusque-là perceptible pour diriger la flèche éclairée jusque dans la manifestation tangible. Par cet alignement la libération du désir aveugle devient facile car les plus lourds des fardeaux s’évacue comme par magie ce qui est illustré par le fait qu’un : "yogi n'est pas libéré du désir mais de son fardeau".

Jusqu’au 20 juin prochain, si vous avez du temps, vous pourrez aller voir l’exposition au Musée d’Ethnographie de Genève (MEG Carl Vogt) sur le Regard de Kannon. Incarnation de la Compassion Universelle, Kannon est célébré dans tout l’Extrême Orient, du Tibet au Japon, en passant par la Corée, le Vietnam et l’Indonésie. « Aujourd'hui encore, on invoque Kannon et on lui consacre de grands pèlerinages pour recevoir sa protection dans les difficultés de la vie, ainsi que pour être guidé par lui au moment de la mort ». Au travers de quelques pièces remarquables, le MEG offre une occasion de pénétrer dans la dimension spirituelle de Kannon. Nous sommes invités à poser nos pas dans ceux des pèlerins qui honorent Kannon dans les 33 temples du pèlerinage de l’Ouest où les statues principales de ces temples restent en général invisibles car considérées comme chargées d’une force trop importante. Respecté comme un « grand bodhisattva », Kannon a fait le vœu de devenir bouddha pour aider les autres à réaliser l’éveil. Il aurait pris la résolution de laisser passer tous les autres avant lui, et, il est perçu comme le sommet de l’altruisme désintéressé. « En Asie, le regard suppose que les yeux projettent de la lumière sur l’objet observé. Ainsi, lorsque Kannon scrute de son regard les voix du monde, il balaye l’univers de sa lumière de compassion et de sagesse, tel un phare sur la mer. On peut donc rendre son nom par «Vigie des voix du monde». Kannon serait né d’un rayon de lumière émis par le Bouddha «Lumière-Infinie» (Amitābha), qui prêche actuellement en sa terre pure située à l’ouest de notre univers ». Le lien internet permet de s’en imprégner un tant soit peu à distance : http://www.ville-ge.ch/meg/expo15.php

En alignement, écoutons et recevons la bénédiction de Bouddha diffusant la pure volonté divine de Shamballa.

La Volonté de Bien ouvre sur la transformation de la pensée, l’essence d’une intention focalisée sur le bien du Tout.

La qualité vivante de la pensée éclairée, de l’intention alignée est vécue au quotidien par l’acceptation de laisser aller, de s'incliner devant les courants et les cycles de la Vie. Cette capacité d'accepter les pertes devient possible par le ressenti, la reconnaissance fondamentale et ultime de la bonté de la vie, ce qui transparaît derrière l'enseignement de Bouddha sur le détachement. Einstein a dit "L'univers est un lieu amical ". Le facteur de conditionnement le plus fondamental que les êtres humains pourraient partager avec créativité, serait le fait de reconnaître que nous vivons tous dans un univers amical. La Sagesse Sans Age donne cette assurance car la Terre est en partie du deuxième rayon solaire dans laquelle l'énergie d'Amour Sagesse est ou doit devenir prédominante. Tout ce grand courant d'amour est présent il est aussi connu sous le nom de "Raison Pure" profondément inclusive, et il attend l’alignement d’ensemble de l’humanité pour pouvoir se manifester plus pleinement.

“ Tout est tellement si juste et il y a toujours une fin heureuse. Tout est tellement si juste ! Si chacun pouvait croire et être confiant en cela, alors, tout s’arrangerait automatiquement et sur l’instant ”.

Méditons maintenant avec la note-clé de l’année : « Que l’effort soutenu soit la graine de synthèse, la force qui réunit ce qui était séparé ».